Le grand chambardement.

Si l’on en juge par le grand coup de pied dans la fourmilière de l’Assemblée Nationale, cela devrait aller de mieux en mieux. Les têtes, grosses, moyennes et petites sont tombées. Le dégagisme selon Saint Macron a fait des ravages. Même Robin des lois Bayrou, son éminent soutien de campagne a essuyé un retour de boomerang. Mon texte du même nom publié le 1er juin dernier était quasiment prémonitoire. Bref, du balai, du balai, du balai. Mais, il ne faut jamais oublier que toute nouveauté, et surtout grande nouveauté, s’accompagne toujours d’effets pervers également nouveaux. C’est ma marotte. C’est ma marotte mais une réalité aussi, toujours ignorée à priori, et reçue en pleine figure provocant grande surprise. D’ailleurs, j’ai toujours pensé qu’il faudra bien un jour songer à créer des cellules de réflexion, essentiellement dédiées à la traque des effets pervers avant coup. Une sorte d’analyse préalable destinée à devancer tous les effets tordus qui peuvent surgir d’une loi nouvelle. Voici un exemple : Macron veut supprimer la taxe d’habitation pour une grande partie des contribuables. Or, les retraités moyens qui verront leur CSG augmenter sérieusement seront ceux qui continueront à payer les impôts locaux. Si les édiles estiment que la compensation nationale n’est pas à la hauteur, c’est ce qui nous pend au nez, ils risquent d’augmenter les impôts toujours payés par les mêmes contribuables des catégories moyennes. De la sorte, ces derniers, au bout du compte, se retrouveront à gagner moins que certains qui étaient limites et verront leur pouvoir d’achat diminuer fortement. En conséquence, ils consommeront moins, aideront moins les enfants et petits-enfants… tout se répercute, le commerce local sera également impacté par cet état nouveau. Les élus du cru crient haut et fort que les impôts vont baisser, à nous de claironner qu’une certaine catégorie moyennement aisée ne sera pas à la fête et plongera. Cela, on se garde bien de l’annoncer. L’avenir nous éclairera.

Les nouveaux parlementaires vont faire illusion un temps. Ils sont des femmes et des hommes avec leurs travers aussi, pas plus vertueux que les autres. D’ailleurs si l’on fouillait dans leur passé hors de la politique, on trouverait sans doute de quoi faire réciter quelques « Notre Père » ou « Je vous salue… » pour faire pénitence. C’est pourquoi, je n’y crois pas. Un temps, on se réjouira puis viendra celui moins joyeux de la réalité. Comment voulez-vous qu’il en soit autrement ?  Aujourd’hui même, trois candidats estampillés LREM, deux femmes, un homme fraîchement rallié, sont candidats au perchoir de l’Assemblée. François de Rugy a été adoubé par le nouveau parti, où voyez-vous le changement ? Il sera élu, le choix n’est pas de mise.

Une fois n’est pas coutume, je vais vous livrer un texte écrit à la fin du XIXe siècle par Elisée Reclus, un géographe réputé à son époque, qui a beaucoup voyagé. Je viens de le découvrir. Sans aller jusqu’à l’anarchie, je pense comme lui. Le temps a beaucoup passé depuis (1830/1905) et rien n’a bougé. A l’heure de l’apéro, devant un comptoir, la vérité sort de la bouche des « pompette » : « Tout tremble et rien ne bouge ! »

Après avoir lu le texte qui suit, cherchez bien, vous trouverez plein de similitudes dans le comportement des élus d’aujourd’hui. Ne prenons que l’exemple de Manuel Valls qui passe en si peu de temps du PS (quitté aujourd’hui) à « apparenté LREM », alors qu’il s’était beaucoup chamaillé avec le nouveau président. Homme délogé cherche un autre abri, il montrait les crocs et se fait désormais toutou à sa mémère en changeant radicalement état d’esprit. Il n’est pas le seul évidemment, difficile de lâcher le morceau, on s’accroche. Comment voulez-vous avoir confiance en ces gens-là ?

Dur de tomber dans l’oubli lorsqu’on a beaucoup paradé.

Voici le texte annoncé :

  « Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.

Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.

Voter c’est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l’honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages – et peut-être ont-ils raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l’homme change avec lui. Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L’ouvrier, devenu contremaître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus.

N’abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d’autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d’action futur, agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c’est manquer de vaillance.

Je vous salue de tout cœur, compagnons. »

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1 Comment

  1. Eh oui. Nombre d’entre nous ne sont pas vaillants et s’en remettent à d’autres. Ces derniers d’ailleurs y trouvent leur compte si ce n’est en richesse, c’est en égo …. l’un et l’autre pouvant souvent se confondre.
    Mais la vaillance est aussi fille de témérité avec tous ses inconvénients et des champs d’honneur bien remplis. En matière politique elle suppose aussi du temps long pour des résultats aléatoires.
    C’est pourquoi les peuples sont souvent individualistes et court-termistes car si l’esprit est fort, la chair est faible et l’ego surpuissant. C’est si vrai que les religions s’efforcent depuis des lustres de le combattre (charité, sacrifice, pardon, …) ou de le séduire (pouvoir, prestige, 40 vierges, gloire des martyrs …). Aussi, sabre et goupillon font ils bon ménage ici où là, fut ce voilés sous d’autres formes comme clercs, savants et nantis cyniques, ou amoureux de la liberté et finance mafieuse dernièrement.
    Dur tout cela.

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