Quand ? Comment ?

Un totem, ça vous va ?

La méprise guette facilement lorsqu’on batifole dans l’écriture. On ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon, on pense plus lard que cochon pour finalement considérer les choses au tout premier degré. Entre sérieux et bagatelle, on privilégie naturellement l’intention la plus terre à terre.

C’est bien dommage car pour mon compte, je suis rarement au stade le plus élémentaire. J’aime bien que les mots exhalent une autre fragrance que le parfum originel. Dégagent un petit côté sauvage, ambré, musqué, un autre petit fumet. Ainsi, je suis déçu chaque fois que mes idées sont prises au pied de la lettre.

Voyez, quand je parle de la mort et j’en parle souvent, c’est toujours pour en tirer un mode de vie et non pour me plaindre d’une issue fatale. On me pense dépressif, pessimiste, lugubre. Pas du tout, la mort est bonne conseillère, elle remet les choses en perspective et parle de la vie. Oui, elle parle beaucoup tant qu’elle est idée de mort, la vraie mort ne parle plus. C’est pour cette raison qu’il faut en tirer le maximum et profiter de tout ce qu’elle suggère pendant qu’elle est encore en vie. Elle est la seule certitude de ce monde. Avec elle pas d’embrouilles, pas de tergiversations possibles, on y va tout droit. On est né pour cela. Ne pensez surtout pas que c’est bête de naître pour mourir car l’idée de ces contrastes forts est signe de vie. Imaginez-vous sans issue fatale, immortel(elle), à quoi serviraient les émotions ? La peur comme la joie n’existeraient plus puisqu’elles sont liées au temps qui passe. Pour un être immortel, le temps est arrêté. Se nourrir, se reposer, dormir, n’ont plus de sens. Plus rien n’a de sens car le sens est mouvement jalonné de repères, or sans la mort au bout de quelque part, il n’y a plus de repères et donc plus de mouvement, plus de vie. En éliminant la peur de mourir on supprime le vivre, c’est la vie bâtie de contrastes qu’on assassine… C’est ainsi que j’aime interpréter l’assertion Nietzschéenne : « On peut mourir d’être immortel ». Immortel, on est cuit, carbonisé, mort pour de vrai. Difficile d’imaginer la vie complètement figée, la vie morte. Nous imaginons en étant dans la vraie vie mortelle, nous ne penserions plus si nous étions immortels. A quel « Quand ? », quel « Comment ? » nous adresserions nous ? En outre, la question hautement métaphysique du « Pourquoi ? » serait dépourvue de sens. Pourquoi sommes-nous là ?  On se demande quelle finalité explique la vie. Question exclusivement induite par une existence passagère. On ne se pose plus de questions lorsqu’on ne craint plus de mourir, encore moins celle existentielle…

Toutes ces digressions qui n’en sont pas, me conduisent à penser : Quand je parle de la mort ce n’est pas de la mort que je parle. Je dis la vie, ma vie, sans être dépressif et sans craindre de mourir. J’ai pris l’habitude d’énoncer « Je m’amuse », « Je fais le fou », « Je gambade », «Je suis un cabri ». Il y a toujours un petit feu follet, donc un petit peu de folie, au-dessus de mes idées. Pas si barjot que ça, car la vie est belle et je m’en gave tant que j’en suis. Dans mon introduction à ce blog, j’écrivais :

La vie est belle mais éphémère.
Elle file et nous emporte.
Vite, rions de bonne guerre
Car soudain, elle ferme sa porte.

Désormais, vous sentirez l’ambre ou le musc qui flotte sous vos narines. Quand ? Comment ? Saisissez le temps, c’est lui qui vous dira…

La vie à travers la fêlure… le jour viendra.

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