Entre chien et loup.

En regardant ces images, on peut se demander si c’est à la tombée de la nuit « entre chien et loup » ou à l’heure où point le jour « entre loup et chien ».

Ce sont des images de mon village.
Celle en titre a ravivé un souvenir de jeunesse.
Je traversais ce quartier dit Insorito (l’endroit ensoleillé) vers trois heures du matin pour atteindre les sommets du village et parcourir un long chemin à travers maquis.
Je parvenais, après trois heures de marche, dans un coin de pêche très peu fréquenté.
A cette époque, on y accédait à pied, aujourd’hui les 4X4 vous conduisent jusqu’au bord du ruisseau.
Faire tout ce parcours, seul, n’était pas très malin. Une fois sur place, il fallait redescendre puis remonter le cours, le traverser sur des troncs d’arbre en guise de passerelle. Je franchissais ce cap à califourchon après avoir jeté canne et musette sur l’autre rive.
Les risques étaient nombreux en cas d’accident, d’y laisser sa vie si loin du monde.
Je ne savais pas nager, le Sant’Antonu, c’est le nom du ruisseau, n’était pas une simple rivière tranquille à l’ouverture de la pêche, surtout.
Un ami, aussi imprudent que moi, y avait fini sa vie à l’âge de 21 ans.
Après le tocsin, des villageois rendus sur place l’avaient trouvé au fond d’un lac, alertés par un paquet de cigarettes sur un rocher.

Les pêches, dans cet endroit lointain, isolé de tout, étaient très généreuses.
C’était devenu une attraction, presque une addiction, aucune peur ne parvenait à réfréner cet engouement soudain, pourvoyeur de sensations fortes.
Ce n’était jamais un projet réfléchi, longuement mûri, non, c’était quasiment toujours une envie soudaine qui vous prenait et vous interdisait toute réflexion sur un danger éventuel.
Avec mon ami Alain, nous avions décidé ce soir là, vers minuit, de partir à l’aventure.
J’avais très peu dormi, juste avant trois heures, je devais l’attendre devant sa maison, impossible de le réveiller en l’appelant sous sa fenêtre sans réveiller tout le quartier. Sans doute profondément blotti dans les bras de Morphée, il n’entendait pas mes appels presque feutrés.
Je suis parti seul à l’heure exacte que nous nous étions fixée.

Chaque fois que je vois cette image en titre, l’aventure que je n’ai plus jamais renouvelée, ressurgit dans ma mémoire et me voilà parti au plus profond du maquis, là on coule un fleuve pas toujours tranquille…

Voici d’autres clichés sur le même thème.

Bien au-dessus des ces maisons, je filais dans la nuit noire…

Le petit plus du jour qui n’a rien à voir avec le texte.



2 commentaires

    1. Les hiboux avaient promis de délaisser la politique et voilà, ils n’écoutent rien.
      Une personne me disait qu’ils sont faiblards sur le sujet 😉 « souris » serait trop faible.
      C’est l’expression qui le commandait.
      Les photos ? Ce fut l’occasion d’écrire ce texte pour ne pas trop retarder les hiboux.
      Bonne suite Chat.

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