Contrastes.

 

Chronique publiée dans lemonde.fr…

C’est à l’occasion d’une réaction dans un blog qu’une personne qui se reconnaitra m’invitait à reprendre mon clavier et aller faire un tour du côté de « Reflets du temps ». Une autre personne, aussi, J.P, pour le citer à moitié, s’étonnait de mon silence… c’est grâce à eux que je recours la chronique.

 

Je n’étais plus retourné dans « la grotte aux trésors » que je visitais sans faire de bruit du temps de ses premiers reflets. Elle a bien changé. On y rencontre beaucoup de monde et je me suis arrêté devant une vitrine intitulée « Dieu degré zéro », un de mes sujets favoris. Le texte d’Alain Jugnon, philosophe et auteur dramatique, est rude. Il y va à coups de marteau et de certitudes aussi. J’ai tenté la réaction suivante :

Voici ma contribution après la lecture des réactions.
J’avais écrit, il y a peu dans un autre média, des réflexions sur le « carpe diem » à travers la lecture d’épitaphes (que j’ai imaginées pour alimenter mon idée) sur les pierres tombales. Il est parfois question de Dieu et de l’Idée de Dieu… Voici un extrait :
« Les cimetières sont des agoras où les pierres tombales recèlent des réflexions sur la vie. Des offrandes aux visiteurs de passage que le silence et le calme du lieu rendent propices à la réceptivité. Seul subterfuge, c’est le vivant qui s’adresse à un autre vivant en laissant croire un instant que la pensée vient d’outre-tombe.
Épitaphes :

Sur l’idée de Dieu, tous les vivants sont des ignorants, seuls les morts savent.

Si Dieu existe, il sait se défendre seul.
Alors, il n’a que faire de votre prosélytisme et de vos prières.  

Gloire à Dieu, je viens à toi!
Écrit le croyant sur sa tombe.
Pourquoi l’écrire, alors qu’il pourra le dire de vive voix ?
Parce que l’homme parle à l’homme, jamais à Dieu.

Si la science venait à supprimer la conscience de la mort,
Les enterrements se réduiraient à un acte sanitaire.

……. »
Avec cet extrait, peut-être n’y trouverez-vous que mièvrerie d’agnostique ? Cela existe aussi, où est le vrai ? Dieu seul le sait, mais où est-il ? Que fait-il ?
Il s’amuse ou nous amuse, car nous ne savons pas jouer tout seuls… sans hochet.

Je n’y ai rencontré aucun sourire… ce n’était pas le propos, certes.

Je m’attendais, en réagissant, à une réponse sèche. Pour l’heure je n’ai reçu aucun coup sur la tête.

Pourquoi « contrastes » à cette chronique ?

Parce que j’ai toujours pensé que la vie était fondée sur les contrastes. Et, à la lecture du texte cité, je n’ai rencontré que le contraste suprême. Le blanc et le noir sans aucune nuance possible de gris, ni de couleurs. De l’emporte-pièce pour créer un vide total entre noir et blanc.  

Que l’on dise vrai, faux, propos qui nous conviennent, âneries ou sornettes, la vie est dans la confrontation des idées. Elle ricoche, rebondit dans le dialogue, la dispute ou dans le silence lorsqu’il est parlant.

L’homme nait, vit, vit, vit et meurt. Un autre nait, vit, vit, vit, vit, vit et meurt aussi. Longueur de vie n’est pas qualité de vie. Ce sont les contrastes vécus, sciemment perçus qui se trouvent dans les « vit » qui font le vivant. Vie et mort en sont le contraste ultime qui permet d’exister très fort à celui qui l’a compris… la mort intervient pour rompre les contrastes. La suite n’est plus notre affaire, notre affaire de vivant. C’est une autre affaire qu’il est permis d’imaginer puis de croire si cela nous chante.

Pour ma part, je trouve que « l’ici et maintenant » est bien suffisant pour ne pas m’encombrer l’existence d’incertitudes qui me dépassent largement.

Si Dieu existe, c’est bien son problème.

Alors, « contrastes » oui, et là j’en reviens à ma marotte…, dites-nous :

 Pour quand, la réouverture des réactions ? Ou jamais ?

C’est dans le dialogue que la vie prend vie et non dans le soliloque de nos chroniques actuelles.

 
 

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