Murailler, ravenelle ou violier, c’est comme vous voulez !

DSC_0010Ou bâton jaune si vous préférez pour parler de la giroflée.

Désormais ami réel et non plus facebookien, Gaëtan est retourné dans sa Vendée d’adoption.

Lorsqu’il a visité, assez rapidement, mes coins favoris en Aratasquie, il a pu remarquer talus et endroits pentus. Aujourd’hui, j’ai reçu ce qui deviendra mon lien visuel avec lui, des graines.

Des graines de giroflées fauves et bleues pour ensemencer les pierrailles et les talus perdus. Une plante qui s’adapte à la sècheresse et se débrouille toute seule. Une fois germée, la graine sait très bien comment faire pour prospérer et égayer un endroit jadis recouvert de broussailles.

Tous les ans à la saison printanière, les buissons de ciste, de bruyère et de genêt qui forment une haie séparative, abritent les giroflées nustrale du coin. On dirait qu’elles se blottissent bien à l’ombre, souvent entourées de petits ronciers aux épines vives comme pour se protéger d’une main arracheuse. Ailleurs, je les vois dans les failles et les joints des pierres de taille des murailles, sans doute une spécificité de mon jardin.

DSC_0076aElles n’ont rien à craindre, personne d’autre que moi ou sans mon accord ne peut s’approcher jusqu’à elles pour les déloger puis les plonger dans un vase. Je préfère les regarder se parer d’un oranger lumineux, virant au jaune lorsqu’elles sont au soleil levant ou couchant, exposées à la lumière vive. Toutes de velours qui vire au brun chocolat lorsqu’elles restent tapies dans l’ombre d’un buisson. Ces craintives, vivant à l’abri des regards dans cet endroit trop exposé à Phébus brûlant, sont apprivoisées, je crois. Elles semblent avoir compris, lors de mes visites aurorales ou vespérales, que je viens juste cueillir quelques images, quelques couleurs et quelques textures de tissu chatoyant dont elles gardent le secret. Il faut les voir se pavaner, mais discrètement, le temps d’entendre quelques clics sortis de mon appareil photographique et puis c’est tout.

DSC_0011S’il m’arrive d’écarter délicatement quelques tiges ou quelques folioles gênantes, je n’insiste pas trop car une épine a vite fait de me rappeler à l’ordre : « Ici, on ne touche à rien ! Ah mais ! » J’arrête illico de déranger quitte à laisser sur l’image, une plage floue souvent du plus bel effet.

Accroupi, à plat ventre ou à genou, je cherche le meilleur angle. Je prends tout mon temps, elles savent que je suis là pour immortaliser ce qu’elles ont de plus beau. Je les imagine, telles des fleurs mannequins posant sous les flashes. En fait, non, elles me tirent la langue, chahutent sans se faire entendre. Elles sont insouciantes comme des demoiselles en liberté qui veillent à ne pas trop montrer leur bonheur, de peur d’être dérangées trop souvent.

DSC_0004J’ai hâte de voir comment, mes giroflées d’Aratasquiennes vont réagir en voyant ces copines venues d’ailleurs. Je crois que tout se passera bien, j’irai leur parler, les présenter… ça va être la fête dans un arc en ciel buissonnier.

J’ai vraiment hâte de les voir toutes sur le même cliché, les couleurs d’ici et d’ailleurs réunies à la suite d’un jumelage inattendu entre un coin de Vendée et l’Aratasquie*.

DSC_0016Cliquer sur les images.

 

 

 

 

*Aratasquie= une contrée isolée nommée Aratasca.

1 Comment

  1. 27/8/2017. La semaine dernière, j’ai coupé les tiges sèches porteuses de graines d’une partie de ces fleurs. Puis j’ai fait le travail du vent … j’ai parcouru les espaces environnants, faisant choir les graines au hasard.
    Je me disais ce faisant « il faut avoir foi dans l’avenir, d’autant qu’il me semble bien que ces plantes sont bisannuelles ».
    A te relire.

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