Une vie de longicorne…

La vie n’est pas simple même pour les longicornes.


Ce n’est pas d’actualité, nous sommes en hiver, il a plu tout le mois de janvier, ça continue, les effondrements se multiplient… Je n’ai jamais connu un si long épisode pluvieux…
Je passe le temps comme je peux, y compris en revisitant mes réserves estivales.

C’est en fouillant dans mes affaires photographiques que je suis tombé nez à nez avec l’abeille sauvage et je vais vous raconter un peu sa vie.
Eucère pour les gens sérieux, Eucera longicornis, s’il vous plait !

On dirait qu’elle cherche à s’enivrer en humant comme une malade.

L’abeille solitaire dite longicorne vit dans des terriers. c’est une butineuse acharnée, inlassable, bien qu’elle ne vive pas en société.
Elle visite toujours les mêmes fleurs. Dans mon coin sauvage, elle a une préférence pour les gesses, les pois de senteur et les fabacées comme la vesse craque.
Elle n’arrête pas. J’ai du mal à la suivre pour obtenir un cliché net, elle n’en a cure, elle file de fleur en fleur, on dirait qu’elle récolte ce dont elle a besoin, au quart de seconde tant elle papillonne sans cesse.

Elle adore fouiller dans les gesses.

Les mâles ont des antennes plus longues que celles des femelles… encore une allusion macho, me direz vous, je n’y suis pour rien, je constate. 😉
Vue de près, elle est belle à regarder, un chef d’œuvre dont la nature a le secret.

Elle creuse une galerie dans le sol meuble, elle sait reconnaître les endroits propices aux terriers.
Elle pond quelques œufs pour assurer sa descendance mais ne produit pas de miel.
N’allez pas croire que c’est une vie pépère, le clairon des abeilles, un coléoptère indélicat, aux couleurs vives, veille.
Il pond ses œufs dans les galeries afin que ses larves se nourrissent en se servant dans les pontes de l’abeille sauvage.

Un clairon muet qui claironne ses couleurs…

Pas plus que le nôtre, en haute ébullition par les temps qui courent, le monde des longicornes n’est ni serein ni long fleuve tranquille, les cambriolages et les saccages de réserves y sont très fréquents aussi.
Cette évocation est certes imprécise mais vous donne une idée de ce qui se trame à nos pieds.
Combien de promeneurs comptent leurs pas pour rester en forme et ignorent cet autre monde, pourtant bourdonnant, au ras de nos chaussures.

Si j’étais un apidé comme la longicornis, je vous aurais volontiers souhaité un happy day !

7 commentaires

  1. Bonsoir Simonu,
    A la recherche du temps perdue, me voilà cher ami, assez penaude de n’être pas revenue faire un tour du côté de chez vous depuis… notre dernier échange ma foi. 😉

    Merci pour cet article particulièrement réjouissant : au fur et à mesure des paragraphes, j’y sens votre joie, similaire à celle des alpagistes conduisant leur troupeau dans les prairies herbues, où l’air est si pur qu’il emplit l’âme, chassant les vilaines pensées grises. 🙂

    Merci pour tous ces mots car, depuis l’enfance, tout mot nouveau est pour moi une friandise dont je me délecte. Parce que je sais que vous me comprendrez, je peux avouer que mon livre de chevet a été pendant plusieurs années le Larousse. Chaque soir j’entrais Baba dans cette caverne remplie de trésors. Un sésame délectable pour l’imaginaire… Difficile pour moi hypersensible de comprendre pourquoi les autres ne partageaient pas cette soif de connaissance.

    En lisant le livre « Je pense trop, comment canaliser ce mental envahissant » de Christel PetitColin, une de mes contacts réseau pro, j’ai compris que je n’étais pas la seule alien et que d’autres vibraient de manière singulière, à l’instar de votre jolie longicorn. Comme dans le film ET : « Maison » !..
    Merci pour ce cadeau. 🙂
    Belle et douce soirée Simon.

    Catherine (CuriousCat)

    1. Merci pour votre commentaire enlevé…
      Après « tranquille comme Baptiste », désormais on dira :
      « joyeux(euse) comme CuriousCat ! »
      Bonne journée CC.

      1. Bonjour Simon,
        Pour une raison inconnue, je n’ai pas été notifiée de votre réponse ?
        J’ai bien fait de revenir vérifier ici. WP et ses mystères !..

        « Commentaire enlevé » ? Merci pour votre gentilesse.
        Stressée par une fin de carrière précipitée dans le vide, je vois surtout les coquilles et tournures de phrases inversées comme les « upside down jellyfish » (méduses Cassiopea pour le cas où vous n’auriez pas lu mon ancien article * (https://lopticoindescurieuxdecuriouscat.wordpress.com/2016/06/25/meduses-par-cassiopea-andromeda/ précédé de https://lopticoindescurieuxdecuriouscat.wordpress.com/2016/06/22/photo-mystere-a-vous-de-jouer/).

        Sans renier mes propos, qui viennent réellement du coeur, je n’irais pas jusqu’à me qualifier ma vie de particulièrement « joyeuse » actuellement. Chacun(e) a ses tourments, bien entendu et le ciel semble enclin à s’acharner sur certain(e)s de manière regrettable. Savoir relativiser est aussi naturel qu’essentiel.

        Malgré tout, le faux self est un Vénitien qui s’ignore a priori.
        Face au diktat du sourire à la « 4/95 » d’esprits toujours critiques, je ne pense cependant pas être la seule à user d’artifices. 😉 Bref…

        Pour l’anecdote, mon aîné (qui débute sa 25ème année) s’appelle Baptiste. 😉
        Moins extraverti que sa soeur (mon Alice au pays des merveilles, 23 ans dans quelques mois… le « chat-lapin » que je suis confirme que le temps cavale vraiment), il poursuit tranquillement sa vie (1ère année de doctorat CIFRES après ses 2 masters, partageant ses semaines entre préparation de sa thèse et son travail de kiné dans le cabinet qui encadre son mémoire).

        Et vous, cher Simon, combien d’enfants et petits-enfants ? 🙂
        Bon week-end, dites bonjour à la Corse pour moi.

        Cat
        (*) Ce temps révolu où je prenais plaisir à partager mes pitreries avec une petite communauté de blogueurs sympathiques (la plupart ont arrêté et disparu tout simplement du web… :-().

        1. Deux enfants et cinq petites filles mais je suis très loin dans le fil du temps, à force de s’étirer il n’est plus loin de rompre.
          C’est ainsi, pourquoi se torturer sur ce fleuve pas tranquille, certes, mais sur lequel il faut naviguer.
          Naviguez 😉

          1. Merci Simonu.
            Je vous imagine en bon grand-père avec vos petits-enfants.
            Ne sont-ils pas nos plus beaux cadeaux de vie ? 🙂
            Merci pour votre conseil.
            Pour l’instant, voyons…. je crois plutôt ramer. 😉 Sans doute peut-on considérer cela comme un début. 😉 A terme, j’espère naviguer avec des vents porteurs.
            Bonne contemplation dans ce bel écrin naturel qui vous environne.
            Cat

  2. Oh zut, de vilaines coquilles. Voilà ce que c’est de faire 2 choses en même temps (je regarde des Racines et des Ailes sur France 3) donc lire :
    « A la recherche du temps perdu…. »…. »Difficile pour moi, hypersensible, de comprendre… »….à l’instar de votre jolie longicorne… ».

    Faute avouée est-elle à moitié pardonnée ?

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