La question mérite d’être posée.
Chaque jour, on s’interroge.
Je vais vous raconter une anecdote qui peut paraitre très naïve et pourtant se révèle souvent vraie.
Deux hommes papotent :
– On m’a demandé de passer un scanner et j’ai entendu dire que les médecins ne savent pas les lire.
– Pas grave c’est toujours mieux que rien !
Revenons à la réalité.
En passant un scanner urgent, un proche a eu les résultats moins d’une demi heure après, il était ravi, tout a roulé comme sur des patins bien huilés. En arrivant chez lui, il s’attendait à lire un compte rendu et il découvre un CD qu’il n’a pas les moyens d’ouvrir. C’était un vendredi, donc une fin de semaine, l’urgence est repoussée, au mieux au lundi, et comme le toubib ne passe que le mercredi, on approche de la semaine, si le docteur a les moyens de se connecter. S’il n’a pas les moyens de le faire, le grand progrès n’aura pas fait avancer les choses, et en cas d’urgence médicale pour ce cas, il n’aura servi à presque rien.
Visiblement bon sens et progrès se tirent la langue.
Même topo pour les rendez vous, au tel on ne répond plus, on vous invite à vous inscrire sur un site. C’est très pratique pour ceux qui n’ont pas internet et comme jadis, les analphabètes devaient faire lire leur courrier par des voisins, les ignorants d’un autre temps doivent trouver quelqu’un pour naviguer sur la toile à leur place.
On a cru rapprocher les gens avec ce système, faciliter la communication, on les a éloignés de tout. Ils sont seuls, perdus et cherchent secours. Attendons que ces vieux croutons s’emparadisent et tout rentrera dans l’ordre.
Sacré progrès !
Le téléphone portable, c’est encore autre chose. Il a bondi très vite et voilà que les utilisateurs paniquent lorsqu’il sonne et qu’ils ne le voient pas. C’est toujours l’urgence et la course affolée pour repérer l’engin. C’est lui, l’appareil, qui est le chef et l’utilisateur le dépendant.
Imaginez que ce progrès s’accélère et que l’humain parvienne, avec un super téléphone du dix septième type, à communiquer avec des extraterrestres.
Et bien, ils serait plus souvent sur les planètes que sur terre.
A force de communiquer à la vitesse du son, et tous azimuts, on ne communique plus avec son voisin. On voyage et qui voyage va à la chasse et perd sa place. On n’a plus les pieds sur terre, faut pas s’étonner que tout s’effondre à l’échelle humaine. L’homme est ailleurs.
Un mot sur l’IA. Elle n’a pas fini de nous en faire voir celle là, des vertes, des bleues et des rouges…
Son usage entre les mains de personnes malveillantes, ou pire encore, risque d’être catastrophique.
Imaginez une prise d’otage avec le captif lisant le journal du jour. Même déjà mort, l’Intelligence Artificielle vous le présentera bien vivant pour assurer la rançon.
Certes, il y a de larges pans positifs, mais l’humain est si bête et orgueilleux qu’il en perd la boule.
Si le progrès a de bons côtés, c’est très bien, c’est son rôle a priori, il n’y a pas de quoi sauter de joie. On n’applaudit pas la normalité.
Quoique, un jour peut-être, on se surprendra acclamant en grande fanfare, la chose ordinaire et normale devenue rareté
Progrès et bon sens ne sont pas faits pour être camarades.
Pour la petite histoire, l’image en titre n’est pas un montage, j’ai réellement trouvé ces œufs à cet endroit, dans un village voisin et comme j’ai toujours mon compact dans la poche, j’ai cliqué…
Tout est bien dit.
Bonne soirée Simon 😻