Par monts et par vaux, ici et maintenant mais naguère souvent aussi.
Ce 11 janvier 2016, comme d’habitude, je m’étais levé tôt pour être ponctuel à l’heure des poules. Elles ne laissent rien passer. L’heure c’est l’heure et dès qu’elles m’entendent ouvrir la barrière de l’enclos, elles se mettent à marmonner du fond de leur abri. Elles ne caquètent pas, elles rouspètent en proférant des jurons propres aux volailles, mâchonnés à travers bec à peine entr’ouvert. Vous sentez bien que ça ne va pas, qu’elles ne sont jamais contentes de votre arrivée toujours tardive à leurs yeux. Qu’il pleuve, qu’il vente, elles n’ont qu’un empressement c’est mettre le bec dehors, patauger dans la boue, remplir le nid de fange… quelqu’un le changera s’il veut des œufs nickels et non barbouillés de terre séchée. C’est toujours désagréable. On dirait qu’elles le savent et s’en fichent de salir à ce point. C’est ton boulot et basta ! Tu veux l’œuf, eh bien marne-toi ! Je ne savais pas qu’elles avaient l’ouïe si fine pour se manifester illico dès que je pose la main sur la barrière pourtant un peu éloignée du poulailler. Parfois, j’y vais sur la pointe des pieds pour voir si elles réagissent. Eh bien, je vous assure qu’elles m’ont entendu. Et moi, je m’amuse tout seul comme un petit enfant.