Mais quelle est donc cette maladie ?

électLorsque les urnes se seront tues nous aurons la paix jusqu’aux prochaines municipales.

Qu’est-ce qui pousse le simple citoyen, l’homme plus que la femme, réputé personne simplissime, affable, à entrer en politique et ne plus vouloir en sortir ?

Qu’est qui pousse l’élu, adjoint ou simple conseiller, juste venu pour servir un temps seulement, et puis n’en sort plus voulant devenir calife à la place du calife ?

Qu’est-ce qui pousse l’avocat à se montrer plus percutant devant une mairie que dans un prétoire ?

Qu’est-ce qui pousse tous ces hommes à se persuader puis chercher à nous convaincre qu’ils ont tout compris, qu’ils possèdent la clé de toutes les énigmes, qu’ils sont les seuls capables de mener à bien les affaires municipales ?

Qu’est-ce qui pousse l’homme, ami que l’on connait depuis l’enfance, acharné méconnaissable, à devenir arapède accroché à son rocher par vents et marées ?

Qu’est-ce qui les pousse tous à trouver des arguments invraisemblables, fallacieux, tordus, incroyables et parvenir à faire avaler plus que des couleuvres ?

Est-ce par altruisme, philanthropie… amour immodéré du prochain ou de soi-même ?

Mais quelle est donc cette maladie ? Tous sont frappés mais tous n’en mourront pas. Six ans durant, vous ne les entendrez plus. Rien ne sera de leur faute et qui êtes-vous pour critiquer ? Circulez, il n’y aura rien à voir et attendez le prochain scrutin pour avoir droit à la franche poignée de main, à la tape chaleureuse dans le dos… à être de nouveau le dindon de la farce. Pour l’heure contentez-vous d’être la « cot  cot  codec »  de la basse-cour.   

J’ai voulu comprendre. Alors, un jour de scrutin municipal, j’ai confectionné une urne avec une boîte à chaussures et à 8 h 01 mn tapantes j’ai glissé un bulletin dans la fente en lâchant : «  A voté ! ». A l’issue du dépouillement, j’ai découvert que j’étais élu à l’unanimité. Vous ne pouvez pas imaginer la joie profonde que cela procure d’être désigné maire d’une contrée isolée comme la mienne et j’ai tout compris… Un égotisme démesuré est né, je souriais à la cantonade, je faisais des accolades à tout va, je me déplaçais confiant, satisfait, une auréole au-dessus de la tête. Ne me sentant plus, pourquoi m’arrêter en si bon chemin ? Désormais, je vise 2017, je vous assure, je deviendrai Président de la République grâce à ma boîte à chaussures magique, mon urne à s’inventer des rêves.

Quand les hommes vivront d’amour et d’altruisme, les élections n’auront plus lieu d’exister. Hélas, malgré son état social, l’homme est resté un loup pour l’homme. On n’en sortira pas.

Dimanche prochain, le pauvre électeur sera satisfait d’être passé par l’isoloir, le devoir accompli, la démocratie sauve après avoir entendu le doux mot : « A voté ! ».

Elle n’est pas belle la vie ?

 

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