Est-il normal …?

poubeEvidemment, en politique, rien n’est normal et tout est normal. Tout dépend si vous regardez par le petit bout ou le gros bout de la lorgnette, si les prémisses que vous considérez, vos hypothèses de départ, sont saines ou si vous vous arrangez en prenant vos aises pour qu’elles vous conduisent là où vous le souhaitez. Le moment des élections est celui qui échappe le plus à toute objectivité car il s’agit de défendre son camp, parfois de le choisir si ce n’est déjà fait. J’aurais dû titrer : « Est-ce acceptable ? Est-ce crédible ? Mais cela ne change pas grand-chose même si vous ne prenez aucun parti en vous asseyant sur la rive pour regarder le combat des jouteurs nautiques sans applaudir celui qui enverra l’autre à la flotte. Je suis de ceux-là, agnostique en religion, sceptique en politique, pire encore, je suis rebuté devant ces marionnettistes du grand castelet institutionnel.

Comment peuvent-ils venir, tout sourire, vous serrer chaleureusement la main, vous taper sur l’épaule, vous donner une importance que vous n’aurez plus après les élections ? C’est grotesque, c’est indécent, c’est immoral.  Comment peut-on donner mandat à ces gens-là ? Comment leur accorder votre confiance et dormir sur vos deux oreilles alors que vous ne vaudrez plus rien le demain d’un scrutin ?

Qu’est-ce qui pousse ces gens-là à mettre tant de foi dans la conquête du pouvoir ? L’altruisme ? Le philanthropisme ?  Certainement pas. Le moimoi-isme, sans aucune hésitation. J’ai vu trop de gens rentrer en municipalité pour compléter la liste, jurant que c’est juste pour un tour. Et puis, vieillissants, affaiblis, écœurés parfois, refont un deuxième, voire troisième voyage parce qu’ils sont devenus malades de leur égo.

Pourquoi pas l’humilité, la simplicité, le don pour l’autre ? Parce que ça ne paye pas, et ça ne marche pas ! Celui-là sera considéré comme un faible, la plupart des gagnants sont des tueurs.

Qui peut se prévaloir d’avoir compris ce qu’il faut faire pour l’autre, pour la société ? Personne ! Les abbé Pierre, mère Theresa… ne se présentent pas aux élections, ils sont élus en permanence et ne vous tapent pas sur l’épaule la veille d’un scrutin, ils le font chaque jour. Ils font, ils font ce qu’ils peuvent sans jamais se lasser contre vents et marées tout le temps. Pour nos chers élus cela ne vaut sans doute pas la chandelle.

Vous connaissez la blague sur Godefroy de Bouillon ? « Pourquoi êtes-vous entré le premier dans  Jérusalem ? Parce que quelqu’un m’a poussé !». Celui qui deviendra premier magistrat d’une municipalité parce qu’on l’aura poussé, sera peut-être, le seul capable d’agir en toute transparence et en toute humilité.

N’en croyez pas un mot car l’homme prend vite goût au pouvoir en se persuadant qu’il est désormais indispensable. Le plus grave, dans cette affaire, c’est qu’il le pense vraiment. Cherchez bien autour de vous et vous verrez que le pouvoir conduit rarement à l’altruisme, jamais désintéressé, il vous pousse à le garder. Vous n’aurez aucun mal à trouver des « gentils » poussés à faire de la politique, devenus des teigneux par contagion, par contact et par frisson. Endurcis à l’adrénaline de la politique, ils sont souvent les plus difficiles à déloger…

L’homme est un être social qui a inventé la démocratie pour faire croire qu’il a bridé ses instincts les plus détestables. Il joue ainsi sa plus mauvaise partition avec le concours du plus grand nombre, la majorité requise, en toute légitimité, apparente seulement.

 

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