Un peu de fraîcheur dans la canicule.

Aujourd’hui, lundi du 7/7 de 2025, le temps s’est rafraichi brusquement, le vent souffle une fraîcheur bienvenue mais gare aux incendies.
C’est l’occasion de lire cet article écrit un début d’hiver et que j’avais oublié dans un coin des brouillons de ce blog.

Ce matin, ils étaient tous là.
Le premier arrivé fut le merle, dès potron-minet, toujours au rendez-vous bien avant les autres oiseaux. Un beau mâle au plumage de jais qui fait écrin à son bec couleur soufre vif. Merlette est plus discrète, je la vois très peu.
Que fait-il là de bon matin ? Je n’en sais rien. Il gratte parmi les laiterons et pioche avec son bec. J’imagine qu’il traque le lombric et le ver de taupin dont il raffole le plus, Il lève sa tête la tournant dans tous les sens. Très méfiant, à la moindre alerte, il plonge vers le fond du jardin, le cri rageur pour clamer son mécontentement.

Le rouge-gorge n’est jamais bien loin. Il sautille sur les branches basses de l’althéa puis prend repos sur un rameau fourchu. Il pense, la tête enfoncée dans ses plumes. Ses idées de passériforme, dont j’ignore le fil, me semblent tristes mais son poitrail bouffant et ouaté, tout d’un vif orangé, le met en gaieté.

La mésange charbonnière casquée de bleu nuit apparaît bien après, comme si elle avait attendu les premiers rayons qui filtrent à travers la brume mouvante. Elle s’affaire sur l’hibiscus majuscule en quête de graines restées prisonnières tout au fond des capsules béantes, sèches, que le vent n’a pas réussi à vider. Plus vive, plus acrobate surtout, on la voit tourner dans tous les sens pour scruter les moindres recoins, tantôt tête en bas, tantôt dos au ciel, tantôt à la verticale. Elle a la bougeotte instinctive, de loin la plus active.

Le pinson des arbres préfère se poser sur le noyer. Il inspecte les alentours d’un lent regard panoramique puis disparaît dans un vol saccadé comme s’il sautait sur un trampoline invisible dans un plonger/bondir léger très caractéristique, semblable aux ricochets d’un galet sur l’onde.

Les bruants zizis se pointent en famille ou en petit groupe. Ils préfèrent marauder dans la pelouse, becquetant entre les herbes les milliers de petites graines invisibles, distribuées par brises et par bises sur les bords du chemin.

Chaque oiseau est à son affaire lorsque le geai au plumage crème chamarré de nuances bleutées vient fouiller le sol avec son bec grossier et mettre un peu de pagaille dans le coin. A la moindre inquiétude, il s’enfuit manifestant sa fort mauvaise humeur par un cri très désagréable et crispant.

Je suis assis derrière la fenêtre. Le temps maussade enrobe le paysage dans un brouillard mouvant qui floute les environs dans une valse imprimée par le vent. La nature s’endort avec l’hiver débutant et tire sa mélancolie pour mieux enchanter le printemps. La flamme qui ondoie et s’étire dans la cheminée se mire dans les vitres juste sous mes yeux : un Noël à portée de jours se profile au tison. Tout est calme dans ce monde assoupi.

Si d’aventure les gros nuages trop lourds venaient à larguer leurs flocons vagabonds dans une farandole hésitante au rythme d’une musique paresseuse pour couvrir les environs d’un molleton tout blanc, il faudra songer à garnir les arbustes de boules graisseuses fourrées de graines pour nos amis les oiseaux.

Ces images ont été prises de l’intérieur de la maison, derrière la vitre, sauf le pinson en titre.
Clichés soumis aux conditions du moment.

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