Dans l’année de la sortie de mon premier livre « Au cœur de mon village, mon village au cœur », trois à quatre mois après le coup d’envoi, j’ai reçu une lettre expédiée depuis l’Andalousie.
La personne qui m’adressait ce courrier ne connaissait pas mon adresse et ne mentionnait, sur l’enveloppe, que le nom du village.
A Levie, je suis connu, la factrice de service n’eut aucun mal à m’identifier.
Catherine, c’était son prénom, me faisait part de son émotion en lisant l’ouvrage qui relatait la petite histoire de son village. Le récit des années 50/60 lui parlait, elle reconnaissait les personnages que je décrivais.
A travers son courrier transparaissait une réelle émotion, c’était évident, flagrant à son écriture.
J’ai été surpris car je n’ai jamais connu cette dame, et touché d’avoir réactivé sa mémoire en décrivant des faits qu’elle a connus.
La dame avait dépassé les 90 ans, quitté la Corse de très longue date. Elle rêvait encore de son enfance lévianaise mais avait fondé famille dans le sud de l’Espagne.
Ses lettres, puisque nous avons poursuivi cette communication épistolaire assez longtemps, étaient très bien écrites. Sur le plan graphique, aucun tremblement visible, des mots vifs et parfaitement orthographiés. Le verbe facile, intact malgré une longue absence de France, la phrase bien construite, virevoltante, pleine de vie mêlée d’ici et d’ailleurs. Je la sentais heureuse et très heureuse de converser avec moi bien que nous fussions de parfaits inconnus l’un pour l’autre.
Au fil du temps, nous avions l’impression de nous connaitre un peu, elle m’avait envoyé sa photo afin que quelqu’un de sa génération, au village, l’identifie. J’ai réussi à retrouver sa famille.
Elle m’appelait « Cher ami Simon », je lui racontais la vie actuelle dans son village corse, je lui envoyais des photos de nos rues et de sa maison, une fois identifiée. Elle me disait combien la vision de l’habitation de son enfance l’avait touchée…
Pour rien au monde, je n’aurais cessé de répondre à ses lettres au contenu toujours renouvelé.
L’appel de son village natal m’avait embarqué, m’engageait à poursuivre.
Toujours alerte dans ses écrits, elle émettait des remarques pertinentes et sans concessions sur la vie d’aujourd’hui. Cela a duré trois ans, me semble-t-il.
Et puis un jour, je reçois un courrier d’une personne qui écrivait à peu près ceci :
« Maman est décédée, elle était très heureuse de communiquer avec vous. Chaque fois qu’une de vos missives arrivait, elle s’empressait de nous dire : J’ai reçu une lettre de l’ami Simon !
Nous vous remercions de l’avoir accompagnée un peu, en lui parlant de son village… »
J’ai adressé un dernier courrier à ses enfants pour leur dire combien j’étais content aussi de cet échange épistolaire et de lui avoir raconté les petites histoires de son village. Levie était resté dans son cœur comme dans le mien, nous avons fait un petit bout de chemin ensemble sans nous connaître.
Ainsi vont les jolies choses de la vie.
Chère Catherine, c’est ainsi que je commençais chaque lettre, j’ai bien aimé cette rencontre insolite.
Peut-être, de là où vous êtes, vous voyez ce qu’est devenu « U Piratu » qui fait face à votre fenêtre.
Il a beaucoup changé, le bassin et les jardins ont disparu, il y a un musée et un centre médical, avec une pharmacie.
Que votre voyage à travers ciel vous entraine dans les étoiles…
Cher Simon encore une fois c’est formidable la capacité que vous avez de faire vivre un moment d éternité. A travers cette histoire j ai l impression de me reconnaître moi qui vis loin de Levie. Mais où j’ai mes souvenirs d’enfances et ensuite ma vie de femme auprès de mon mari et des enfants.
Merci
Bonjour Marie Andrée,
En amoureux de la vie, je crois que c’est la meilleure façon de la vivre.
J’attrape ces agréables moments qu’elle nous sert et j’en tire allègrement la quintessence… Vivre puis m’en aller le plus simplement du monde.
Merci pour votre commentaire.
Bonne journée