Pumata nustrale. (Variété ancienne de tomate dite corse)

Il existe encore, heureusement, des jardiniers qui assurent le suivi des variétés anciennes. Dans ce cas précis, il s’agit d’une variété de tomate dont j’ignore le nom exact et que l’on perpétue sous la désignation « tomate corse ». La tomate de nos aïeux, bi et tri-aïeux. Je me souviens de mon grand-père, encore un peu de mon arrière-grand-père, qui me faisait goûter les solanacées dans le jardin, au pied de la plante, à peine tirées de leur pédoncule. Il tranchait le fruit dans le sens de l’épaisseur avec son couteau qui ne quittait jamais sa poche. Sans sel, à la croque naturelle qui fait dégouliner le jus le long des commissures des lèvres puis inonde le cou. Le goût s’imprime dans vos narines sous l’influence des papilles et, parce que c’est grand-père qui vous l’assure, l’empreinte restera gravée dans votre mémoire. C’est une attitude que je cherche encore à perpétuer avec mes petites filles, non pas par mimétisme stupide mais parce que c’est dans le fil des choses, dans ma nature profonde. Elles arrosent avec moi et parfois chipent un fruit qu’elles croient mûr pour y plonger leurs quenottes. Je peux vous assurer que c’est apprécié comme une découverte qui, sans doute, s’inscrira dans la profondeur de leur être. Ou du moins, je l’espère…

Le jardinier, aujourd’hui à portée de pépinière ou de grande surface destinée au potager, ne se pose guère de questions. Les variétés F1, hybrides si vous en savez quelque chose, vous assurent des fruits bien calibrés, souvent plus résistants aux maladies et procurent une production plus abondante la première année. Devenues F2 ou F3, ces variétés sont moins vigoureuses, la production plus décevante au fil des ans. Ces croisements allient les qualités de deux variétés mais ne tiennent pas la route. Variété F1 me fait penser à la formule1 qui fait rêver sur piste, nettement moins adaptée à la route ordinaire, à nos départementales ou vicinales qui mènent à nos jardins. Le grainetier assure son avenir avec ces graines que vous ne pouvez perpétuer au potager et donc que vous achetez chaque année dans un petit sachet de quelques grammes.

Certes, il y a beaucoup à préciser sur ce sujet mais ce n’est pas mon propos du jour, vous pouvez trouver toutes les informations sur le net, à ce sujet.

On m’a confié quelques tomates nustrale pour prélever les graines et perpétuer l’espèce. J’ai donc cherché la meilleure façon d’effectuer cette opération, je n’ai rien inventé, c’est connu. Je vous fais un résumé du processus si l’envie vous prenait de conserver quelques semences d’une variété qui plait à condition qu’elle ne soit pas hybridée.

Je récolte les graines sur une tomate bien mûre à la petite cuillère sans soins particuliers et les verse dans un verre avec un peu d’eau jusqu’à mi-verre ou un peu plus. Au bout de deux jours environ, les graines montent au contact de l’air. Une moisissure parfois blanche, parfois noire se forme en surface et, progressivement débarrasse les graines de la gélatine qui les entoure. Ainsi libérées, elles retombent une à une au fond du verre.

Avec quelques chiquenaudes sur le bord du verre ou en le tapotant sur la table, on accélère la chute des graines.

On enlève la moisissure puis on verse ce qui reste dans un petit tamis placé sous le jet puissant d’un robinet. Très vite les graines apparaissent propres. On pose le tout sur du papier absorbant pour finir de les nettoyer avant de les conserver dans un autre papier propre. C’est presque plus simple à faire qu’à décrire, cela prend environ quatre jours sans rien faire d’autre qu’observer le processus.


Il ne reste plus qu’à attendre février prochain pour commencer les semis sous abri.

J’ai récolté ainsi quelques graines déjà promises pour perpétuer la variété dans le village, en espérant que d’autres prendront le relais après moi…

Un aperçu de la taille. (Cliquez sur les images)

 

 

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