Elle s’appelait Bas d’laine.

DSC_1663Au sein de souriante ou belle chose sommeille toujours diable ou diablotin.
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Dans une contrée lointaine, au sud de l’Alaska vivait une dame tranquille qui s’appelait Madeleine. Sa vie était douce, elle se trouvait si bien dans le cocon que sa fille lui tissait, qu’elle lui délégua tous ses pouvoirs. Elle ne s’occupait plus de rien, tout était si bien géré !

Au fil des années sa fille, maligne, manipulatrice, montrait fatigue avancée et ne supportait plus sa vie misérable à s’user pour les autres. Plutôt que dire la vérité feignait d’être agacée. Alors, elle se mit à sortir, à aller danser et festoyer. Un jour, une amie nouvelle qui apprit tous ses tourments, lui demanda :

  • Comment s’appelle ta mère ?

  • Elle s’appelle Bas d’laine !

Elle était si lasse de cette galère inventée qu’elle ne réalisa pas son lapsus magistral.

Madeleine vieillissait, déclinait, il fallut se rendre à l’évidence, son état de grabataire n’était plus gérable à domicile. La maison médicalisée se profilait à l’horizon. Les mauvaises habitudes s’étaient installées, avaient usé et abusé de monnaie sonnante et trébuchante. Le bas de laine ne maintenait plus pied, ni cheville ni mollet. Il s’était affaissé, n’était plus que vieille chaussette.

Désormais, l’escarcelle était vide. Il ne restait qu’à se tourner vers la famille proche pour faire face à la nouvelle situation.

La cigale qui chantait toute l’année était déconfite et fit mine d’être surprise qu’aucun vermisseau ne frémissait dans la chausse de laine, tous avaient décampé. L’étonnement était total pour cette bonne comédienne. Elle tombait des nues, prête à pleurer sur ces ruines, si nécessaire en était pour être crue.

La vieille maison de famille, un été désastreux, en fut toute mangée.

Adieu veaux, vaches, cochons et maison. Quand la bêtise est grande, elle dévaste tout sur son passage.

Comme disait un vieil oncle qui soignait ses haricots attaqués par les pucerons, sentant qu’il ne pourrait plus assurer son hiver, criait son désespoir à qui voulait bien l’entendre : « Un sogu micca siguru di salvà i pala ! » (Je ne suis même pas certain de pouvoir sauver les tuteurs.)

Ainsi va la vie, il suffit d’ouvrir sa porte pour se rendre compte que ces contrées lointaines sont parfois au bout de votre seuil. C’est donc une histoire banale.

Moralité : Si  votre mère s’appelle Madeleine, un jour de gros rhume vous risquez de la nommer Bas d’laine. Mais ce n’est là que peccadille, beaucoup plus dure est l’histoire sans coryza*.

*Coryza=Rhume de cerveau, u cataru en corse.

 

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