Le feu dentifrice : oh oh ah ouh !!!

A voir les gens émerveillés, le visage tourné vers les cieux, ébahis par la vision d’un spectacle pyrotechnique, le sourire éclatant, les dents scintillant à chaque explosion magique qui s’étalait en guirlandes lumineuses, j’avais l’impression d’être entouré d’enfants :
– Oh oh oh ! Ah ah ! Oh ah oh ! T’as vu le feu dentifrice !

Cette impression m’avait traversé l’esprit un de ces jours de fête, il y a longtemps déjà, juste avant de lancer le dernier bal de la saint Laurent, fête au village. Ces moments festifs ressemblent encore à l’ancien temps.
Dans le calme de la nuit étoilée, un premier coup de tonnerre, un jet de lumières s’élève dans le ciel.
Toutes les têtes tournées vers les étoiles semblaient s’émerveiller de la venue sur terre d’un convoi d’extraterrestres. Des gerbes magiques illuminaient le village, le monde de la fête totalement ébahi ponctuait chaque salve étincelante de oh et de ah d’admiration allant crescendo jusqu’au bouquet final.

On se demande si c’est vraiment raisonnable d’envoyer en l’air, d’exploser sous les vivats, autant d’argent qui retombe aussi sec en fumeroles juste pour cinq minutes de Oh ! et de Ah ! D’applaudissements frénétiques engendrés par un effet de foule sous le charme d’une lumière artificielle.
En ces moments de joie collective et de liesse populaire, on libère ses instincts profonds, on oublie la réalité pour s’abandonner à l’effet magique d’une soirée féérique.

Le lever sera moins joyeux, les yeux lourds, le réveil plombé, il faudra attendre un an pour savoir si l’heure est encore aux joyeuses étincelles qui masquent des temps difficiles.

Dans ces moments tant attendus lorsque la diaspora est de retour au bercail, on n’a que faire des rabat-joie !


Feu Babunettu, président du comité des fêtes au siècle dernier, aux commandes des premiers feux d’artifice qui se tiraient depuis la terrasse du clocher, disait : « E tuttu hè », il y en a pas pour tous les goûts.
Il grimpait sur la terrasse finale du clocher avec une échelle placée sur l’avant dernier étage, c’était hautement risqué.

Les photos du soir : François Dominati.

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