Un père !

Aujourd’hui, j’étais invité au restaurant.
Juste devant moi, c’était immanquable, à deux encablures de table, un jeune couple s’était installé avec leur gamin.
Les adultes naviguaient sans doute au milieu de la vingtaine et leur enfant devait approcher les deux ans.
Ils étaient adorables et très attentionnés avec leur petit garçon.
Tous deux souriaient aux anges devant leur petit ange.
Le serveur aux petits soins, ils avaient l’air de se connaître, allait et venait avec une jubilation que l’on n’adresse qu’à un tout jeune enfant.
Et des « tou tou tou » des « guilis guilis », c’était mignon tout plein, le garçonnet vivait ses meilleurs moments de roitelet sans le savoir.
Un réel plaisir de constater la joie parentale bien plus accentuée du côté paternel que maternel.
Un papa très démonstratif, presque gaga devant son rejeton, avec sa casquette à l’envers et la jubilation facile.
Je n’avais pas besoin d’observer, le spectacle se jouait comme sur les planches avec une ostentation sans doute involontaire. L’émerveillement dominait sans se soucier de l’entourage.
Oh, ils ne gênaient personne, ils étaient dans leur bulle et ignoraient les tables voisines dans une salle presque vide.

Et c’était grenadine dans un grand verre, avec une paille. Un verre trop plein, la maman prit soin d’en aspirer un bon peu pour réduire le volume. L’enfant gesticulait beaucoup, on n’était pas loin de la renverse à chaque geste.
Tout se passa bien. Le petit garçon, c’est bien normal, a fini par se lasser, cherchait à descendre de sa chaise pour explorer l’immense restaurant.
C’est papa qui l’a guidé avec une patience infinie et le sourire bien accroché.
Il le poussait doucement, tendait le doigt pour montrer une plante verte.
L’enfant se dirigeait vers un pot de fleurs, indiquait la corolle du bout de l’index.
Père veillait, montrait, expliquait, s’accroupissait pour être à hauteur d’enfant.
Le gamin n’avait aucune envie de retourner à table, il comptait bien visiter tous les recoins de la planète nouvelle.

La maman est restée à sa place tout le temps de l’exploration.
Elle avait le portable face au visage comme on tient un petit miroir. Ses doigts n’arrêtaient pas de pianoter habilement, à une vitesse de croisière très élevée. Aucun sourire adressé à l’écran. J’ignorais si elle naviguait sur la toile ou si elle émettait moult messages. Un portable de bonne facture, vu de ma table, probablement un Aïe Phone. Elle était coupée du monde, en congé parental et voyageait loin d’ici, durant les déambulations de son enfant accompagné de son époux.
Elle a manqué le périple exploratoire, les premiers pas de son enfant en vadrouille dans un restaurant

Pourquoi raconter ce fait banal ? Quel intérêt ?
Aucun, sinon pour faire un clin d’œil à une amie Facebook qui, chaque fois qu’elle poste l’image d’un animal avec un petit, sous-titre invariablement : « Une mère ».
J’ai voulu, ici, par simple oisiveté, adresser la même attention mais masculine cette fois-ci :
« Un père ! »
J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de ce clin d’œil à peine malicieux.

Et tou tou tou et tou tou tou !

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