Et pourtant, c’est vrai…

Le prochain ouvrage, « A l’ombre de l’école » est en bon chemin.
Nous en sommes à la conception de la couverture, il faut être patient. Je n’ai pu imposer mon choix d’illustration pour des affaires de droits. Bien.

Ce ne sont pas « les lapins d’Alphonse » qui vont être étonnés ! Mais les lecteurs.
Ce qu’ils vont découvrir va leur paraître invraisemblable, ceux qui connaissent mon histoire ont du mal à y croire aussi.
Et pourtant c’est vrai, je n’ai pas lu un livre de ma vie.
C’est une conséquence de mon apprentissage long, laborieux et tardif. Je n’ai accédé à la lecture expressive que vers l’âge de 14 ans et encore, je n’osais pas lire à haute voix car cela me déstabilisait et me faisait bafouiller. Même sur le tard, j’évitais de m’adonner à cet exercice.

Ce n’est que vers l’âge de 25/26 ans que j’ai essayé de lire un livre en entier et c’est celui que j’ai affiché en titre. D’ailleurs, comme il était en très mauvais état, j’avais plastifié la couverture pour me donner une chance d’y revenir. De revenir à la charge, le thème me plaisait beaucoup.
Je l’ai gardé précieusement comme un objet témoin, presque de culte, une relique.

Les séquelles d’un mauvais lecteur, d’un lecteur tardif, se traduisent par une certaine lassitude en cours de lecture, une sorte de pénibilité qui freine l’élan de bonne volonté. Cependant, je suis un cas très à part.
Un lecteur du bref.
Avec mon apprentissage des mots, durant des années, en consultant le vieux dictionnaire de Denise, j’avais acquis un vocabulaire solide dans mon cas, très vaste et précis. que même certains bons lecteurs n’ont pas, s’ils devaient écrire.
Quelqu’un me disait, il y a quelques jours :
– Je lis quarante livres par an, je suis un dévoreur d’ouvrages, je ne me sens pas capable d’écrire comme tu le fais.
C’est très étonnant. Moi, je ne suis pas surpris. J’ai trouvé ma voie et mon état me semble ordinaire.

Vous l’avez remarqué, j’ai une préférence pour le style « nouvelles », pour les textes courts toujours calibrés sur le même modèle. Cela ressemble au lecteur papillon que je suis. Vous découvrirez ma façon de lire en parcourant mon ouvrage qui dévoile l’improbable destin d’un presque illettré, d’un galérien de la lecture spécialisé dans le suivi d’élèves en grande difficulté face à ce même problème.
Ce n’est pas commun, c’est surprenant, voilà pourquoi cela intrigue…

« Igloos dans la nuit » que je m’étais juré de lire en entier pour tester mes capacités à progresser sur ce registre, j’avais 25 ans, j’y croyais très fort, a subi le même sort que tous les autres livres. J’ai presque réussi à aller au bout, je sautais des pans entiers, des grosses pincées de pages, ne cherchant que l’essentiel. L’accessoire me barbe, me pousse à ignorer des pages et des pages.
Lorsqu’on m’offre un livre, ce qui est rarissime, je commence par la fin et ne lis quelques paragraphes à rebours que si je suis intrigué. Ma lecture s’achève dès je pense avoir saisi l’essentiel, le reste me semble superfétatoire.
Evidemment, bien des choses m’échappent en procédant ainsi, mais j’ai picoré et cela suffit à mon petit appétit de médiocre lecteur…
Vous comprendrez le parcours de ma vie en fouillant dans mon ouvrage prochainement. On peut presque le parcourir à partir de n’importe quelle page, il me ressemble beaucoup. Le va et viens y est autorisé, point besoin de suivre la chronologie.
Pour toutes ces raisons, je n’ai jamais songé à écrire un livre, cela me paraissait « non-sens » qu’un piètre lecteur devienne écrivant. Je n’ose dire écrivain, je ne pense pas mériter ce vocable, j’ai honte de le prononcer. C’est bien moi.
Alors, on m’a poussé vers l’édition et je me suis laissé faire
Je vais encore vous étonner, je n’ai toujours pas lu mon premier livre « Au cœur de mon village, mon village au cœur » publié aux éditions Maïa, écrit en premier jet pour grande partie, très peu revu et corrigé, par petits pans seulement, à la demande de la correctrice. Je souhaitais garder mon caractère brut, je ne suis pas écrivain.
Bizarre, bizarre ! Dans mon entourage, on m’appelle l’extraterrestre.
Allez savoir, un vaisseau venu d’une autre galaxie m’a peut-être oublié sur terre.
Un drôle de personnage, dit-on.

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