Evasions.

DSC_0004Le capuchon de moine est un fumeur de havanes.
Lorsqu’on s’évade c’est qu’on ne supporte plus d’être bridé. Le même phénomène se produit lors de l’écriture lorsque les thèmes viennent à manquer. On se trouve emprisonné avec la pénurie de matière tangible à raconter. Alors, il reste l’imagination. On extrapole, on suggère, on suppute, on rêve. C’est un peu ce qui m’arrive depuis quelques temps.
Je pourrais tremper la plume ou plutôt le clavier dans la politique au risque de noyer les circuits, il y a là matière intarissable… pour plonger dans les redites. Ce milieu est largement perverti pour des raisons souvent identiques. Les indéracinables de la politique ont bien quelques raisons de s’accrocher de la sorte ou alors, ils sont malades et les malades mieux vaut les éloigner des affaires d’un pays. On aurait du concret mais pour quoi dire et quoi faire ? Rien. Tout tremble et rien ne bouge, on l’a bien compris. Voyez, en ce moment, François Hollande ne sait plus comment faire pour dire qu’il ne se représentera pas en 2017 s’il n’y a pas une baisse sensible ou un frémissement à la baisse du chômage. Faut-il comprendre le contraire ? Vous vous doutez bien qu’il a une idée derrière la tête. Il n’est plus concerné par les primaires, laissera-t-il quelque espoir à ses coreligionnaires socialistes ? Il trouvera bien une formule pour signifier que le chômage frémit dans le bon sens. Il existe toujours un calcul tordu pour voir une baisse ou une hausse. Cette scène du théâtre politique qui concentre tous les travers de ce monde vaut bien un fromage sans doute mais je m’en lasse… Nous en avons des exemples tous les jours, des « dessous » qui remontent à la surface c’est monnaie courante, c’en est même devenu affligeant, fatigant. Alors, si je viens de temps en temps faire une incursion dans cette jungle c’est pour faire de l’humour et rien d’autre. Ils s’en fichent de nos états d’âme. Tant que nos bulletins les feront rois, ils se croiront légitimes. Il y a quelque chose à repenser dans le sens d’un contrat. Si ça ne marche pas en toute liberté pourquoi ne pas leur inventer des entraves ? La politique est magicienne, elle leur imaginera d’autres tours de passe-passe. Une impasse donc.
Ainsi, je m’évade. Je raconte ce qui me passe par la tête en regardant le ciel, en voyant un oiseau ou un insecte bizarre. Je leur invente des choses mystérieuses, je me fais conteur de fariboles, je m’amuse à leur coller quelque extravagance ou quelque abracadabrance… Je détourne une image. Je suis resté un enfant qui s’émerveille encore. Vous avez, sans doute, remarqué qu’il faut rarement prendre ce que je raconte au premier degré. On lit et on sourit comme devant un tableau naïf mais je suis un faux candide. Cette idée me renvoie à un commentaire que j’avais adressé à une amie virtuelle, peintre et écrivain. Ses écrits sont denses, d’une richesse incroyable et d’une puissance peu commune mais pas toujours simples à décrypter. Des évocations dans lesquelles le réel et le mystère, le mystique même, sont fortement liés. J’avoue que j’avais souvent du mal à suivre et à comprendre la finalité de ses propos, s’il y en avait une. J’adore cette puissance d’écriture d’un jaillissement presque pyrotechnique. Je lui adressais donc dans un commentaire : « Je considère vos écrits comme des textes Picasso. » Une beauté presque impénétrable qui ne laisse jamais sans réaction. On se trouve béat et on cherche à comprendre en se disant parfois : « Je n’ai pas compris le message mais c’est beau ». Derrière de telles lignes bien ciselées mais obscures se trouve une personne qui ne laisse pas indifférent. On la devine aérienne, légère et pourtant si pesante, torturée, à la fois sûre d’elle et si hésitante. Sans doute fragile. Une femme étoile, clignotante, à la très forte brillance mais au fond, je n’en sais strictement rien. Voyez comme mon imaginaire me file entre les doigts même lorsque je n’ai pas l’intention de le laisser pâturer. Si vous ne voyez pas le rapport avec ce que je racontais au préalable, moi non plus, ce n’est pas grave, le titre est bien « évasions ». Faisons-nous donc la belle.
Dans le fil de mon écriture, il y a toujours un coin de réel. Un endroit ensoleillé, un rayon qui éclaire un mot à découvrir, une pensée plus ou moins philosophique, une pensée tout court qui renvoie à la réalité de ce monde.
Dans ma fausse abracadabrance, dans mes fausses divagations, dans mes fausses élucubrations, je cherche le moment pour dire, pour interpeller une chose prégnante de la vie. A chacun de faire et d’accepter cette rencontre… ou pas et passer son chemin.
Plus qu’écriture libre, écriture en vadrouille… puis s’enivrer des parfums de la liberté. C’est la réalité du jour.

2 Comments

  1. Vous regardez le ciel ou un oiseau qui passe..et c’est le vent qui nous renvoie, en mots magiques, vers « un endroit ensoleillé » où l’on se sent vivants et libres…comme en un coin réel voire imaginaire, parfumé d’immortelles.
    Merci Simon.

    1. Oui, d’immortelles ! Bonne idée. Bonjour Claude.
      Par temps chaud, l’immortelle « emparfume » la colline comme pour dire son omniprésence et son envie de perdurer.
      Grazia. Bonne journée.

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