Par monts et par vaux, ici et maintenant mais naguère souvent aussi.

Tout le monde n’est pas le Nil chargé d’histoire et de rêves ; tout le monde n’est pas l’Amazone mystérieux et impénétrable ; tout le monde, enfin, n’est pas le Gange mystique et imperturbable. A chacun son style, à chacun son eau, limpide, boueuse, légèrement trouble, bouillonnante, légèrement sautillante… Il y a les grands cours navigables et puis les autres, tortueux et pénibles. Il y a les grandioses et les insignifiants, les ridicules et ceux qu’on ignore.
Réconfortez-le, promenez-le sur la berge, parlez-lui de l’onde, de la vie intense qu’elle engendre et qui l’habite. Enfin, tendez-lui une rame toute neuve, tout doucement apprenez-lui les gestes de la confiance et de la patience. Si d’aventure, sa rame se brisait à nouveau, prenez-le par la main, montrez-lui, au-delà du rivage, la beauté des choses qui l’entoure. Mais surtout ne pleurez pas sur ses débris : vous le retrouverez peut-être un jour, habile à jouer sur un fil… Vous vous surprendriez alors à l’applaudir.