Et si l’on parlait vrai !

Les temps sont au politiquement correct, tout mot qui semble s’en écarter, mot que l’on dit « de travers », est, sur le champ, vertement condamné.
Tristes temps ! L’expression de la pensée personnelle est auto-bridée de crainte de recevoir une salve de reproches, de cris d’orfraie, le plus souvent issus de la bien pensance.

Si la France est encore qualifiée de « pays des lumières » ces dernières tendent vers l’extinction et la patrie des penseurs éclairés deviendra très bientôt « le pays des lumières éteintes ».

Beaucoup de choses ne tournent plus rond, le pléonasme en prend un sérieux coup.
Bientôt nous tournerons en polygones convexes ou concaves et même en bourrique.
Gagnés par le tournis, sujets aux prises de tête, nous y filons tout droit.

J’ai appris des choses… des choses surprenantes venant d’anciens des professions citées.
Avant, on disait « les vieux sages« , aujourd’hui « les vieux cons » lorsqu’ils dénoncent les nouveaux travers.

C’est surtout le patient qui est étonné comme les lapins d’Alphonse. Les lapins d’Alphonse Daudet dans « Installation », vous connaissez ? Non, vous devriez le lire, c’est sautillant, c’est rafraîchissant, ça respire la vraie vie et ça vous rassénère le plus rebelle d’entre nous.

Un patient me racontait qu’à la suite d’un scanner pour faire le point de son état oncologique, il prenait rendez-vous avec « son » oncologue. Il avait hâte de savoir.
Sa tumeur avait-elle évolué ou s’était-elle réduite après les divers traitements?
Vous imaginez l’angoisse de l’attente !
En visite chez l’homme qui devait décrypter le produit de l’imagerie, ce dernier se montra très laconique avant de renvoyer son patient vers le pneumologue pour qu’il fasse le point. Vous imaginez l’immense désarroi de la personne qui avait attendu cette visite, elle devait patienter encore.
C’est tout de même extravagant qu’un cancérologue renvoie à un pneumologue pour faire le point sur l’évolution d’une tumeur. Si cette dernière s’étendait en métastases, va-t-il lui suggérer de faire le tour des spécialistes ?

On pourra trouver toutes les raisons de protocole possible et imaginables pour justifier la procédure, le commun des mortels est perdu et se demande si son bon sens n’a pas pris un coup dans l’aile.
Son moral, lui, était dans les chaussettes.

Le plus insensé dans l’affaire, c’est que le toubib dédié à la vilaine maladie a bien prélevé ses honoraires de spécialiste !
En l’occurrence, il n’était spécialiste de rien du tout puisqu’il n’a pipé mot sur ce qu’il savait, sans doute.
La déontologie élémentaire aurait voulu qu’il prélevât le minimum de modestie ou du moins d’honnêteté vis à vis de son malade. D’homme à homme, de conscience à conscience sans aller chercher l’impact collatéral sur la sécu.

Ah ! Vous trouvez que je n’ai rien compris ? Que la démarche est normale… Eh bien bravo, nous sommes sur la très bonne voie !
Continuons à tergiverser et nous raconter des histoires…

J’ai reçu un message des hiboux en vacances jusqu’à la fin août, l’un d’eux me disait :

Lorsqu’on nous dit « Vous avez une tumeur », on entend « Tu meurs ! ».
Tout est résumé dans ces mots pas très chouettes.

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