Tapissage.

caméraVoilà un vocable très expressif. Il désigne aussi bien l’action de tapisser en collant du papier ou du tissu sur un mur pour faire joli comme aligner des suspects devant un autre mur avec un numéro à la main afin qu’un témoin puisse reconnaître l’auteur d’un forfait.

En période électorale le tapissage est très prisé par les candidats qui visent un mandat. Lors d’un meeting ou de la présentation du comité de soutien, on affiche la panoplie des belles personnes censées détenir la bonne parole, généralement des artistes. A droite comme à gauche la pratique est courante et vise probablement à convaincre les esprits faibles car ceux capables de penser par eux-mêmes n’ont nullement besoin de connaître le choix politique d’un people. On a beau se dire que la pratique est détestable, les candidats n’en ont cure, la monstration, l’affichage est une valeur sûre. Plus le tapissage sera riche et varié, plus les chances d’empocher des voix s’en trouveront augmentées, à priori croit-on, mais ça marche souvent comme un bon argument de vente. Il ne reste plus qu’à verser dans le dictionnaire ce sens donné au mot « tapissage », version politique qui ne date pas d’aujourd’hui.

Certes, si vous collez un mathématicien ou un généticien, votre affichage présentera une valeur ajoutée visant les électeurs d’un niveau intellectuel plus élevé. Quoique, je me souviens d’une personne qui justifiait sa croyance en Dieu en argumentant : « Je connais un médecin qui croit en Dieu, il est pas con pourtant ! ». (Sous-entendu : il n’est pas plus con que toi qui ne crois pas) Et non, il n’était pas con mais que dire de celui qui tient un tel raisonnement ?

La masse populaire est plus sensible à l’artiste, voilà pourquoi ce dernier est plus souvent sollicité par nos chers politiciens.

On connait les réguliers de droite comme de gauche, ceux sans surprise. Et puis les girouettes qui tournent selon le vent, tantôt à droite, tantôt à gauche.  La vedette du moment c’est Enrico. Après avoir chanté pour Sarkozy, le voilà dans le camp Hidalgo à Paris. C’est une sacrée prise pour la gauche, une référence qui vous laisse coi dans un jeu comme « Qui veut gagner des millions » par sa grande innocence. Il était raillé par la gauche et sera probablement cajolé aujourd’hui.

C’est bien dommage qu’il faille passer par le music-hall pour suggérer un peu de crédibilité à la politique. C’est bien la preuve qu’on gouverne à deux visages, comme un côté jardin et un côté cour : celui de la réalité qui n’a cure des people et celui de l’illusion qui cherche à séduire en agitant ses marionnettes…  

Si Paris vaut bien un tapissage plutôt qu’un consensus, c’est que les candidats sont bien des mercelots plus que des tisserands. Une fois la camelote vendue, les bibelots feront tapisserie jusqu’au prochain scrutin.

Tapissage électoral : Action d’afficher en image de fond le plus possible de people censés vous indiquer le droit chemin d’un bulletin. Exemples : si vous aimez Lio votez Hidalgo, si vous aimez Enrico, votez Hidalgo aussi cette fois-ci, la prochaine fois on verra…

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