Casseroles.

phIl faut les entendre tous, déclarer qu’avec eux tout ira mieux. Ils se battent comme des chiffonniers pour le pouvoir à la tête du pays comme à la tête de la plus petite commune.

C’est incroyable. Tenez, le dernier président en date, celui qui déclarait « Moi, président… Moi, président… », il maîtrisait parfaitement l’anaphore pour nous vanter sa marchandise comme le meilleur des camelots. Devant l’écran de télé, les téléspectateurs de gauche et d’à côté se taquinaient du coude : « Tu as vu… Qu’est-ce qu’il lui a mis… » Nous allions voir ce que nous allions voir ! Et puis voilà, aujourd’hui c’est le désenchantement. Pourtant nous étions avertis. Souvenez-vous de Martine : « Quand c’est mou, il y a un loup », l’actuel ministre des affaires étrangères : « Vous le voyez président, lui ? », son ex compagne : « Vous lui avez vu faire quelque chose en trente ans ? » Et aujourd’hui, Najat, droite dans ses bottes de porte-parole du gouvernement ne voit rien, elle. Tout est parfait dans le meilleur des mondes. Tout va bien entre président et premier ministre… que caresses et risettes. Tout cela enveloppé dans un sourire mignon tout plein et sans langue de bois, elle connait pas.

Vous saviez, vous, que François courait encore le guilledou ? Non, sans blague ? Valérie non plus. Il fait ce qu’il veut après tout, non mais ! Il ne manquerait plus que ça ! Mais alors, il ne faut pas se présenter comme celui qui va être plus clair que l’eau de roche, celui qui a tout compris et va tout régler, celui qui va réconcilier tous les français… un président tellement normal qu’il fait des bêtises devant et derrière l’église. Finalement, il faut admettre que l’on a très peu de chances d’être élu sans raconter de bobards, c’est le jeu et le jeu en vaut la chandelle.

Lorsque j’étais jeune joueur de foot dans un petit club, d’une petite ville, nous étions choyés par le président. Nous buvions moult bouteilles d’Orangina, il nous payait le resto, nous promettait ce qu’on voulait pour nous dissuader de signer dans le club adverse. C’était la guéguerre. Nous n’étions rien et pourtant… Alors, imaginez ce qui peut se tramer en politique pour conquérir ou conserver le pouvoir.

Des premiers adjoints font liste à part et se crêpent le chignon avec leur maire, ami de toujours. Des équipes se font et se défont, des occasionnels ne veulent plus quitter le poste… J’ai failli me laisser attraper aussi. Le maire d’une commune de plus de 30 000 habitants m’avait presque convaincu que j’étais le meilleur pour tenir un poste à responsabilité, heureusement ma femme veillait : « Tu es devenu fou ? Avec ton caractère et ta franchise tu ne tiendras pas un mois ! ». Elle avait bien raison, je suis passé à deux doigts de perdre mon âme.

Les jours de scrutin, je pense à tous ces électeurs qui vont faire leur devoir de braves citoyens. Ils sont fiers lorsqu’ils lâchent leur bulletin qui va se perdre dans l’anonymat d’une urne. C’est formidable de pouvoir inventer l’insatisfaction pour le plaisir de se plaindre ensuite. Pourtant, pour qu’une démocratie vive, il faut bien cela et surtout ne pas décourager ceux qui y croient dur comme de l’acier. Bientôt, je ne serai plus l’exception qui confirme confirme la règle, des élus ne représenteront plus que 50,1% des 20% de suffrages exprimés. Les abstentionnistes seront majoritaires.

Il faudra bien réfléchir et, surtout, ne pas nous inventer le vote obligatoire qui fabriquerait un électorat névrosé coincé entre le sentiment d’un vote inutile et l’amende qui lui pend au nez.

La démocratie semble toucher ses limites parce que l’homme reste un homme surtout lorsqu’il se gargarise de jolis mots.

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