Aubergines façon bonifacienne.

C’est sans doute la recette la plus simple qui soit.
Pas de viande, on sublime juste les « tripes » des aubergines.
« Tripes« , c’est ainsi que nos grands-mères appelaient la partie intérieure une fois la mélongine blanchie à l’eau bouillante.
Ce terme, mélongine, quasiment « introuvable » aujourd’hui, est bien le nom originel de l’aubergine, tiré du latin «  Solanum melongena« . (mélongines, mélongènes, aubergines, c’est kif kif)
Tombé en désuétude, mélongine évite les répétitions, il est toujours intéressant et utile de savoir d’où on vient.

Pour cette recette, j’ai opté pour les mélongènes blanches, je préfère les longues aux rondes.
Elles sont plus douces au goût que les traditionnelles.
La recette bonifacienne privilégie les petites noires du jardin mais avec le temps, les bodybuildés du commerce font l’affaire également.

Il faut d’abord blanchir les aubergines dans de l’eau bouillante, une vingtaine de minutes.
On les coupe dans le sens longitudinal et on les débarrasse de leurs tripes avec une cuillère.

A partir de là vous faites comme vous voulez. Vous écrasez à la fourchette, intégrez un œuf, du fromage râpé, salez, poivrez, ajoutez de l’ail haché, du persil. Le mélange doit rester assez grossier, ne mixez pas.
Vous farcissez les redingotes restées vides et vous recouvrez de chapelure.
Pour la cuisson, je préfère le four c’est moins huileux, la recette originale se réalise à la poêle dans de l’huile très chaude côté farce d’abord. Ainsi cuites elles sont savoureuses, au four, je les mange même froides, les arômes se sont concentrés.

Un conseil, évitez de trop remplir, de bomber la farce, la cuisson n’est pas la même et croustillantes, elles sont meilleures. C’est l’erreur souvent commise, l’intérieur reste trop moelleux.
Essayez une fois, ensuite vous ferez comme vous voulez, avec de la coriandre, du piment d’Espelette, du cumin, vous variez pour inventer votre farci que vous baptiserez du nom de votre quartier, du prénom de votre tantine, ou de votre grand-père, c’est la fête, vous dis-je !
Amusez vous, faites vous plaisir et régalez les autres.
Plus vous serez enthousiaste et plus vous serez crédible, plus les applaudissements seront chaleureux.
Bon, j’exagère un peu pour que la vie soit plus belle !

Voilà, voilà, la cuisine est un jeu et non une prise de tête, à partir de bases maîtrisées, vous pouvez jouer, au piano, n’importe quelle partition !
A vos gammes personnelles et fi aux fausses notes, il y aura moins de couacs la prochaine fois !

Voici quelques images.

Voilà les redingotes, aubergines évidées.
Début du mélange « tripes » et œuf, on écrase à la fourchette.
J’ai ajouté de l’ail séché, c’est possible et plus rapide que de trafiquer les gousses, du fromage râpé.
J’opte pour le râpé local très piquant, Parmigiano et Pecorino font bien l’affaire.
Remplissez les redingotes sans bomber le torse, elles doivent tenir la ligne et non bedonner !
Filet d’huile d’olive par dessus. Fiez vous à vos intuitions.
Au sortir du four… Plus c’est croustillant et meilleur c’est.
On voit bien que c’est moins huileux qu’en friture.


Le clin d’œil des hiboux. 😉
Elles avaient toutes raté les aubergines farcies à la bonifacienne.
Découragé, il a cessé de reprendre épouse…
Ainsi naissent les fake news.


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