Trois curiosités au jardin.

Il est rarissime de pouvoir photographier de tels insectes.
J’ai eu cette chance du temps où je passais des heures à surveiller les hôtes éventuels des plantes de mon jardin.
Dès le mois de mai et jusqu’à fin août, je devenais détective entomologiste.
Doté d’une patience infinie, je pouvais passer des heures à scruter les recoins, souvent au même endroit après avoir repéré une curieuse bestiole, inconnue jusque là. Dès lors, j’attendais de trouver le meilleur angle possible pour faire un cliché exploitable, rien n’était gagné d’avance car au moindre faux mouvement, elle pouvait disparaitre à jamais.
Ces moments sont précieux et rarissimes, une occasion manquée ne se retrouve plus.

Voici donc trois curieuses découvertes.

L’image en titre montre une mantispe.
Malgré sa ressemblance quasi parfaite avec la mante religieuse, elle n’appartient pas à la même famille. Une mante religieuse pond ses œufs dans une oothèque pouvant en contenir près de deux cents. La larve de la mantispe repère des araignées loup, le plus souvent, minuscule, s’accroche à l’arachnide et s’introduit dans le cocon fabriqué pour la ponte des œufs. Son garde manger assure sa croissance jusqu’à l’âge adulte.

Voici une oothèque de mante religieuse.
Avant d’être sèche comme du carton, visible ici, l’oothèque est mousseuse, humide et remplie de bulles d’air juste après la ponte. Vous l’avez sans doute déjà vue sans savoir ce que c’était.
Curieuse bestiole aux yeux taillés par un joaillier.
Elle venait de se débarrasser de sa mue que l’on voit à gauche.
On pourrait penser que je l’ai posée là, il s’agit d’une barrière blanche, c’est ce qui m’a permis de la repérer. Elle avait effectué sa mue juste à côté.

La mouche girafe.

Sur du fenouil. C’est une grande dévoreuse de pucerons au même titre qu’une coccinelle. Elle est très utile au jardin. On l’appelle aussi mouche au long cou ou mouche serpent, vous avez deviné pourquoi.

La mouche de l’artichaut.

On reconnait, à droite, la fleur indigo de l’artichaut.
Cette mouche difficile à photographier est une ravageuse des bractées de l’artichaut, sa tarière épaisse et solide perfore la partie charnue de la bractée, la femelle y pond ses œufs. Il existe une cousine à la tarière moins épaisse, aux ailes plus sombres mais qui lui ressemble beaucoup, elle est exclusive du chardon, se nomme mouche des cardes. C’est la plante hôte, juste à côté, qui sert de point de repère.
Sur cette image, il s’agit d’une femelle, le mâle n’a pas de tarière.
Il y a du monde, il faut être chanceux pour trouver la mouche en question.

Et dire que la vie ordinaire est pleine de merveilles inconnues.

Qu’en pensent les hiboux ?

Une autre curiosité, Erik Orsenna l’avait visitée et appréciée.
J’évoquais le philosophe Gaston Bachelard, il était en train d’écrire sur lui.

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