La responsabilité dissoute.

Nous vivons une drôle d’époque.

La responsabilité comme le sens des responsabilités, fondements d’une société saine, se sont dilués puis dissouts, d’abord en nuançant modérément, plus profondément par la suite.
Le vocable s’est vidé de tout son sens.
Vidé par qui ?
On ne sait pas non plus, on se voile la face, le discours mou se veut sévère, tout est mélange et dilution.

Les lois sont essorées, tordues et retordues, pressées, pressurées, interprétées, nuancées, bref, elles sont déplumées pour se retrouver nues, sans livrée dans la casserole.

L’homme continue à vivre dans une sorte de liquide amniotique, tiède, protecteur, bercé dans une douceur infinie.

Il tape, il casse, on le caresse, on lui chanterait presque une douce mélodie pour ne pas le traumatiser.
L’enfer c’est lui qui l’anime, le responsable c’est les autres.

Nous sommes dans la génération des bébés devenus adultes sans grandir.
Plus personne n’est responsable de rien, on trouve toujours une raison alterne, collatérale, subalterne, un édulcorant destiné à endormir l’individu, à anesthésier une société.

On lui chante une douce barcarole, il fait dodo entouré de hochets et finit par croire que son libre arbitre, sa liberté de faire, ne pas faire ou ne rien faire, est dirigée par autre que lui, produite à son insu.

Soi existe, fait comme il veut, mais soi n’est jamais soi, face à la responsabilité.
De manière tranquille, quasiment subliminale, la société a usé l’entendement de chacun qui n’agirait plus mais serait agi comme une marionnette.

On se la coule douce en parfaite ébullition, dans un enfer que l’on dit tranquille.
Lucifer n’est responsable de rien, laissez le faire, il finira bien par trouver la paix lorsque les braises ne seront plus que des cendres.

Les dernières des hiboux :

Au plus près du sens des mots.
Penser par soi même.
Mouai !
Quand l’élève dépasse le maître…

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