Conversation printanière.

Je venais de semer des lobélias, la terre était fraîchement retournée, le merle a vite compris qu’un bon restaurant ouvrait ses portes.
Je n’avais pas mon petit compact de poche sur moi, je suis vite allé le chercher.
Au retour, plus personne.
Je n’ai pas attendu longtemps, le passereau est revenu, nous avons entamé une longue conversation.
Je me tenais à distance, mon vieux Kodak peinait, refusait de réagir à mes pressions du doigt, il est vieux, il répond une fois sur deux.
Il a des centaines de milliers de clics à son compteur.
Les images ne sont pas très nettes car la manœuvre digitale laissait à désirer et engendrait un léger bouger.

Voici tout de même un aperçu de notre conversation.

Ah, t’es encore là toi ?
– Oui, je viens prendre de tes nouvelles.
– C’est gentil mais j’ai du travail, une copine à nourrir, en ce moment clouée est au foyer.
– Elle couve ?
– Tu es trop curieux, elle est à la maison !
– T’habites loin ?
– Curieux ! J’te dis, tu vois pas que j’ai le bec plein !
– Où t’as trouvé tous ces lombrics ?
– Ben, là, c’est toi qui a retourné la terre.
– Chuis bête, tu as raison.
– Bon, faut que je file, y en a assez pour aujourd’hui.
– J’ai rien oublié ?
– Attends, je compte ! C’est bon.
– Ben, c’est vert par là !
– Chais plus où j’habite.
– Je ne peux pas t’aider, tu n’as pas voulu me le dire.
– Je crois que c’est par là.
– Pas dans la cabane de Leia, c’est la demeure des geckos.

Et puis, il a filé, je n’ai pas eu le temps de le photographier son envol.

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