Les mots primesautiers.

Certaines personnes, sans être écrivains, ont la plume facile et le mot primesautier.
Le mot printanier aussi, même en plein hiver, toujours rempli de joie nouvelle.

Les mots scintillent et étincèlent, les idées frétillent, la phrase danse, le texte s’amuse, les calicots sont partout et la fanfare est légère sur un rythme enlevé, une sorte de fantasia, frôle l’oxymore.

Le plus bel exemple que je puisse citer est Monique la canadienne qui de son Québec natal m’envoyait des feux d’artifice.

Chaque vocable chantait et rendait joyeux celui qui le recevait.
Elle maniait la langue française mieux que nous, rien n’était anodin, tout était ciselé, d’instinct.
Aucun calcul ne transparaissait de ses écrits, ils étaient spontanés, remplis de bienveillance.
J’en ai gardé un souvenir marquant. La preuve, j’en parle encore.
Des mots riches, des mots pleins, des mots qui claquent et « gerbillent » de plaisir.
Ne cherchez pas le verbe gerbiller, il n’existe pas, il a poussé sous ma plume, pardon, en tapant sur mon clavier, spontanément, comme une évidence.

Moi, j’invente, je nourris mes écrits d’idées neuves qui me traversent l’esprit pour chanter le sens de mon invitation à lire.
Elle, dans son langage baigné au Saint Laurent, envoyait du sens, presque de l’évidence à chaque ligne. Ses mots au parfum du vrai, un arôme mâtiné de cannelle, de muscade et une pointe de badiane. Tout ce qui pousse au soleil dans les îles éloignées de son Canada. Elle savait se montrer antillaise. Grenadines, Barbade, Sainte-Lucie, Trinité et Tabago.

Elle m’avait même baptisé pataphysicien qui décrit avec une finesse jouissive. Vous en avez l’exemple sous les yeux pour le côté jouissif. Elle me souhaitait journée éclatante et saluait mes rubriques invitantes.

« Merci de m’autoriser à entrer dans vos parcours intuitifs, si riches… Je vous donnerai de la rétroaction avec grand plaisir au gré de mes parcours intuitifs » disait-elle à la fin d’un message.

Elle s’en est allée sur un coup du sort, un départ inattendu, elle m’avait donné rendez-vous épistolier trois jours plus tard.
Je l’ai saluée dans mon ouvrage « A l’ombre de l’école » qu’elle m’avait encouragé à écrire, je lui avais promis dédicace, ce fut à fait à titre posthume.

Ses mots sautillent encore et virevoltent comme des feux follets.

2 commentaires

  1. Il y a plaisir à vous lire.
    Gerbiller est tout à fait à sa place dans vos mots qui tourbillonnent à souhait.
    Bonne nuit Simon 😻

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