Le volcan endormi.

Ce soir, entre deux activités, dans un moment d’oisiveté, je pensais à mon blog si bien nourri, quasiment alimenté au quotidien et qui ronronne paisiblement.
C’est calme, le silence domine, le cours de ma vie chemine à petits pas.
Je traine mon regard sur le temps qui passe et les choses d’ici bas.
Parfois, je tends l’oreille au bouillonnement qui, secrètement, gargouille dans les entrailles du volcan. Il sommeille et reste paisible en surface.
On visite le cratère qui abrite une végétation basse comme un maquis épars, pour y prélever quelques senteurs sauvages dont je m’imprègne volontiers.

Episodiquement, à l’occasion d’une nécrologie, le volcan se réveille, gronde, rugit, les laves s’élèvent dans la nuit et illuminent le site.
Dès qu’un villageois quitte ce monde et que je trace quelques traits de sa vie, le compteur s’enflamme, les lectures s’emballent, j’atteins les sommets d’un suivi insoupçonné. C’est comme au moment de condoléances, les visites sont nombreuses, un pèlerinage s’étire autour du cratère et puis s’en va.
Une fois la fosse recouverte, le silence revient en attendant les prochaines funérailles.

En faisant ce constat, un sourire m’a échappé, j’ai toujours l’esprit en vadrouille du côté pince sans rire ou grince ricane, je me disais :
– Et si j’intitulais mon blog « Le croquemort » ?

Je n’irai pas jusque là, au risque de repousser ceux qui viennent passer un moment tranquille avec moi.
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, j’écarte définitivement ce repoussoir de mort annoncée.
Mon volcan sommeille, ronfle et de temps en temps ouvre un œil, parfois les deux s’écarquillent…

Image en titre :
Une vue de mon village un jour d’hiver.
Dans la tristesse ambiante, au loin derrière la colline, un volcan semble se réveiller.
Un ciel rougi annonce vent pour le lendemain, dit-on dans les parages.

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