Otez vos chapeaux SVP !

Comme un boomerang… Ça s’en va et ça revient…

osLire « Que d’ô, que d’ô ! ». Ne vous étonnez pas certains lisent « Que d’oss, que d’oss » ! Vous voyez le truc ?
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Désormais, le chapeau chinois ne sera plus de mise. Trop compliqué, et impoli. On se découvre devant une personne en difficulté, on ne lui complique pas l’existence. Même si elle a très peu de chances de tomber sur un mot chapeauté puisqu’elle elle écrira peu souvent durant sa vie. Une personne qui a probablement d’autres chats à fouetter que le « v » renversé pour servir de toit à une voyelle.

Rendez-vous compte à quel point ce chapeau chinois martyrise les écoliers avec ce casse-tête du même nom. Mince, « j’aurais du écrire casse-tète du mème nom » et là, c’est le correcteur de Word qui s’affole et se met en colère. Il souligne « du » en bleu, « casse-tète » et « mème » en rouge. Si je continue ainsi, c’est tout le texte qui sera farci de zigzags rouges et bleus. Un effet pervers qui n’avait pas été pressenti. En attendant de revoir le logiciel, il faudra s’habituer à subir un texte plein de mots soulignés. Ah, c’était pour les dictées en classe ? Je n’avais pas compris ! Donc, il y aura une ortografe pour les manuscrits des tuméfiés du mot, des traumatisés de l’accent circonflexe – pour l’instant, plus tard on verra bien s’il n’y a pas d’autres choses à gratter – et une orthographe pour ceux qui utilisent un logiciel de traitement de texte ?

Le remède sera plus douloureux que le mal puisque tout le monde s’était habitué à cela, comprenait et tolérait. Où est le problème en laissant les choses en l’état ? Ne suffit-il pas de relever, de faire corriger sans trop s’attarder en laissant porter tranquillement le chapeau aux mots sans le faire porter à ceux qui ne le supportent pas ? Franchement, est-ce le problème majeur actuel de l’école ?

J’imagine déjà des petits malins, vite réprimandés par les autorités, s’amusant à proposer un exercice du genre :  Ecrivez correctement la phrase qui suit :

« Aimez-vous les pâtes au pistou et les carottes Vichy ? »

Cela pourrait prendre, une tournure originale, rigolote pour alimenter d’autres discussions tout aussi originales du type :

« Èmé vou lè pate o pisse tou é lè carote vie chie »

Oui, la vie est chiante lorsqu’on passe son temps à chinoiser ou à pisser dans un violon. Mais bon cela devient amusant aussi, n’est-ce pas ? Finalement, on comprend très bien sous cette apparence, mais pas la même chose. Voilà de quoi donner du travail à nos chers psychologues qui s’évertueront à chercher quel mal être se cache sous ces mots sortis des têtes blondes ou brunes, châtain ou rouquines. Un bon traumatisme, une faute à maman – papa c’est pour les mathématiques – une névrose ou pire encore une psychose masquée ou naissante.

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– C’est un âne ?
– Ah non ! Un ânon !

Je peux en témoigner en toute tranquillité, j’ai été un « grand traumatisé » de l’orthographe avec ma cinquantaine ou soixantaine de fautes par dictée jusque très tard. Un modèle du genre dans les classes primaires. Je suis presque guéri, en tous cas j’en souris ( à ne pas confondre avec celle qui nous mettait la pièce sous l’oreiller à chaque chute de dent de lait) et je m’en amuse aujourd’hui. Si j’en ai souffert ? Aucun souvenir de torture que du plaisir en cherchant à comprendre. Peut-être y a-t-il sur terre des cas particuliers, très particuliers bénis des dieux qu’ils ignorent et qui feraient mieux de se taire ?  Suis-je une de ces exceptions qui confirment la règle… allez savoir !

Voilà de quoi alimenter quelques sketches pour brocarder nos penseurs de tout poil qui oublient que réfléchir sur des règles d’orthographe comme de grammaire contribue à faire travailler ses méninges, à solidifier sa logique, à porter un regard sur les choses qui nous font des misères. Les manières qui escamotent, qui simplifient sans rien simplifier paraissent plus douces, en apparence seulement et s’exposent à des effets pervers insoupçonnés. Si tout le mal scolaire était concentré dans un accent, il y a belle lurette que l’Ecole se porterait mieux et serait en santé resplendissante.

Vous l’avez compris, c’était pour rire ou pour sourire un peu, sans aucune autre utilité. Si vous avez souri c’est déjà pas mal. Ces paroles sans musique sont écrites en toute oisiveté, ceux qui réfléchissent dru n’ont pas ce temps à perdre. Grand bien leur fasse et vive la pensée qui pense bien !

A propos de « Que d’eau ! Que d’eau ! » (Extrait de « Mots historiques »)

 MAC MAHON (1808-1893)

1875

La crue de la Garonne de 1875 est restée célèbre, non pas heureusement en raison des dégâts qu’elle provoqua, mais parce qu’elle donna au maréchal Mac-Mahon, alors président de la République, l’occasion de montrer qu’il conservait intact ce bonheur d’expression qui procurait de si rares jouissances à ses contemporains.

En effet, parvenu dans les environs de Toulouse et découvrant l’ampleur de l’inondation, il eut cette envolée magnifique: « Que d’eau! Que d’eau! »

 

 

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