Novembre quitte Levie…

Hier, en fin d’après-midi, j’étais parti en quête de cheminées fumantes.
La veille, les âtres libéraient de longs panaches gris blanc qui s’étiraient nonchalamment dans le ciel déjà bien chargé de nuages.
Le village, en sommeil, les rues désertes, s’était assoupi dans le calme d’un automne communiant déjà avec l’hiver. On aurait dit des pourparlers sereins entre saisons pour définir la transition bien avant l’entrée en morte saison.

Levie était calme, son monde reclus dans les chaumières, aucun signe de chauffage à bois, les évents des toitures semblaient retenir leur respiration. L’absence s’était installée sur la longue traverse qui joint les deux bouts du village.
Pas un chat, pas un chien ni un oiseau.
Dans les caniveaux, seules, quelques feuilles abandonnées par les arbres se trainaient par saccades au gré d’un souffle soudain. Des consciences évadées des chaumières se ravivaient, se ressourçaient à petits bonds, bravant le froid de saison, laissant les corps, tranquilles, se reposer à la maison.
Les autos, bien garées le long de la rue principale, témoignaient de vie cachée, grelottaient en silence.
Un petit frisson pinçant justifiait l’absence d’habitants dans les rues.
Je les imaginais bardés de pullovers, de grosses laines ou de canadiennes, rêveurs, planqués dans leurs foyers…
Les âmes silencieuses sont entrées en hibernation…

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