J’ai cauchemardé…

La vie suit son cours et « Le cours de la vie » vous en fait chronique…

C’est devenu un truisme, le pays va mal et sa médecine n’est plus ce qu’elle était.
Désormais, on peut mourir tranquille car entre la prise d’un rendez-vous et la date de la consultation, très éloignée, on a le temps de trépasser mille et une fois.

La nature a horreur du vide, dit-on.
La nature humaine n’est pas en reste, elle agit pareil.
Une « médecine parallèle » occupe spontanément le terrain laissé vacant.
« Médecine » n’est pas appropriée si elle est parallèle car il manque les études longues ponctuées par le serment d’Hippocrate.
Quelques heures de formation et le tour est joué. Certains disent même qu’ils ont un don, découvert incidemment et qu’il n’y a point besoin de se former ou d’étudier, l’affaire est dans le sac puisque la science est infuse.
J’ai donc fait un rêve. Un très mauvais rêve.

Au fil du temps, les plus patients du monde ont perdu patience en cherchant réconfort dans les nouveaux cabinets para ou péri médicaux. Les esprits, progressivement, se sont transformés, la puissance mentale s’est développée au point de dépasser la passivité du malade dépendant de son toubib.
Les neurones se sont habitués au croire et non au savoir, formés à la persuasion, entrés en méthode Coué sous l’influence d’un autre protecteur, aux pouvoirs supposés.
Relaxés, impressionnés, calmés, les effets dénoncés se sont atténués jusqu’au prochain maraboutage.
Les conseils, ne pas boire d’alcool, ne pas fumer, manger moins et mieux, marcher, bouger et bien dormir, évidemment apportent leurs fruits.

Le nouveau credo « Ne me demandez pas pourquoi, si vous n’y croyez pas, je ne peux rien pour vous » est la thèse du nouveau doctorat. Autrement dit, si ça ne marche pas, c’est de votre faute, pas la mienne, je ne soigne que des croyants, des personnes qui ont foi en moi comme en Dieu et qui se prennent en charge.

Les pathologies graves se sont multipliées, les décès furent nombreux, la sécu était soulagée, les pauvres se sont endettés en visites onéreuses et non remboursées.
Le pays, enfin dégraissé de sa population malade, a retrouvé la santé.
Le trou de la sécu très rétréci fait moins gouffre, les toubibs embourgeoisés, bien à l’abri avec une patientèle de choix exultent…pardon, auscultent tranquillement.
Tout allait bien mieux qu’avant, dans mon monde rêvé.
Rêvé…

Espérons que réalité ne devienne cauchemar, nous sommes déjà en bon chemin.

Moralité :
C’est en diminuant les intervenants de bonne formation
Que l’on améliore l’état d’une nation.
Moins sont visibles les malades
Et mieux se portent camarades.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *