Le serment d’Hippocrate revisité.

La médecine n’est plus ce qu’elle était.
Hippocrate a vécu de 460 à 377 avant JC, son serment a pris de l’âge aussi et semble révisable au fil du temps.

Il devient très difficile d’obtenir un RDV chez un spécialiste voire un généraliste, l’attente dépasse souvent plusieurs mois, vous avez largement le temps de trépasser avant de vous trouver dans le cabinet d’un praticien qui ne refuse pas les nouveaux patients.
A l’ère du surbookage est-il encore possible de respecter certains passages du serment ? On prononce encore, devant ses maîtres, les paroles d’un texte vieux comme le monde, totalement dépassé et dont le contenu n’est plus d’actualité.

Voici :

En présence des maîtres de cette faculté, de mes condisciples, devant l’effigie d’HIPPOCRATE.

Je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité devant l’exercice.
Je promets et je jure d’être fidèle à la médecine, de la servir jusqu’au bout sans sauter en politique pour faire le guignol à l’assemblée, alors que les toubibs se font rares.
Je refuse, par facilité et confort, d’affaiblir davantage le contingent de soignants.

Je donnerai mes soins à l’indigent et n’exigerai un salaire au-dessus de mon travail, je ne participerai à aucun partage d’honoraires.
Je donnerai mes soins à tout venant à moi, ne procèderai à aucun dépassement d’honoraires hors du circuit de la sécurité sociale pour permettre à ceux dans besoin de venir me consulter en quiétude et transparence. Je veillerai à ne ne pas faire chauffer la carte en examens superflus que je sais, par avance, inutiles et sans fondement.

Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux n’y verront pas ce qui s’y passe, ma langue taira les secrets qui me seront confiés, et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs, ni favoriser le crime.
Très peu souvent, le moins souvent possible, je me rendrai à domicile pour ne rien voir, ne rien entendre, jamais être tenté de connaitre de près la vie des souffrants. Plutôt que médecin de famille ou de campagne, je me comporterai comme un toubib des villes plus que des champs.

Je ne permettrai pas que des considérations de religion, de nation, de race, de parti ou de classe sociale viennent s’interposer entre mon devoir et mon patient.
Oui, je le veux et je l’appliquerai sans faille.

Je garderai le respect absolu de la vie humaine.
Oui, je m’engage

Même sous la menace, je n’admettrai pas de faire usage des connaissances médicales contre les lois de l’humanité.
Je ferai mon possible, pardonnez moi d’aider à partir si ma conscience me le commande.

Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants l’instruction que j’ai reçue de leurs pères.
Si le temps me permet le recyclage, je ferai de mon mieux pour rendre aux enfants de César ce qui de droit leur revient.

Que les hommes m’accordent leur estime si je reste fidèle à mes promesses.
J’en aurai l’évidence s’ils ne changent de médecin. A contrario, je chercherai, ou pas, les points faibles de ma pratique de la médecine.

Que je sois couvert d’opprobre et méprisé de mes confrères si j’y manque.
Certainement pas s’ils sont surbookés, ils n’auront que faire de mes faiblesses.

Nullus tenetur ad impossibile ! (Saint Thomas d’Aquin. 1224-1274)
A l’impossible nul n’est tenu !
Il est temps de réviser le serment d’Hippocrate pour ne plus l’exposer à un tel passage à tabac, à la fois réaliste et déplacé.

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