L’offrande ?
Je n’ai rien à offrir, c’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en choisissant l’image en titre.
Je cherche encore à remplir la besace de la vie jusqu’au dernier souffle.
Je gratte, je fouine, je m’étonne, m’émerveille encore de la beauté des choses d’ici-bas.
Je rafle tout ce que mon être et mon esprit peuvent récolter encore, j’aurai plein d’histoires à raconter dans l’ailleurs.
Je suis devenu conteur.
Erik Orsenna, lors de notre journée passée ensemble pour présenter le livre « A l’ombre de l’école« , me le faisait remarquer alors que nous déjeunions.
Il me disait :
– L’année prochaine, je vous fais raconter. (Il semblait amusé en écoutant mes récits et riait beaucoup)
Ce fut une belle rencontre.
Depuis 2020, nous nous donnions rendez-vous au mois de juillet, il a même visité deux de mes expos dont une le jour de sa conférence. Un mur d’images intitulé « A nos pieds, un monde ignoré « . Je le regardais lorsqu’il s’arrêtait devant chaque cliché et souriait. Dans mes légendes, je faisais référence au philosophe Gaston Bachelard et curiosité suprême, il était en train d’écrire sur cet auteur.
Bref, cette journée fut magnifique.
J’avais écrit un livret d’anecdotes, des histoires vraies qui semblent des fariboles tant elles sont surprenantes. Des moments de vie que j’ai connus durant mon enfance et mon adolescence. J’en avais récolté plus de 120, de quoi réaliser un bon petit recueil. Et puis, fatigué de solliciter des éditeurs qui s’en fichent, j’ai renoncé à mon idée initiale.
Pour motiver « l’éditorat nustrale » (éditeurs corses), j’avais écrit en corse et choisi le titre suivant : « Parini foli » que l’on peut traduire par « On dirait des fariboles ».
Ne voyant rien venir, j’ai fait offrande.
L’animateur d’un site régional avait lu quelques uns de mes textes en français et m’avait demandé la permission de les écrire en corse puis les lire à la radio. J’étais très ému car mes récits, si bien narrés, venaient de retrouver leur écrin originel. Ils sont infiniment plus authentiques dans notre langue. Je me demande comment j’ai pu les écrire en français sans trahir la substantifique moelle de nos quartiers, fortement imprimée dans mon âme et mon esprit…
Ce conteur né, Stéphane alias Sedum Cæruleum, m’a ensuite invité à écrire en corse dans « I versi di Cagna ».
J’ai accepté après bien des hésitations car mon écriture en langue locale avait beaucoup de progrès à faire. Le parler, ça va, je n’ai jamais perdu la parole fondatrice de mon enfance, même lorsque j’étais sur le continent. L’écrit c’est notre talon d’Achille avec toutes les différences qui existent entre nord et sud, parfois même, entre villages voisins.
J’ai donc fait don de mon ouvrage à raison d’une ou deux anecdotes par jour.
J’arrive à peine à épuisement…
J’ignore si les lecteurs de ce blog sont intéressés par le sujet du jour, alors pour me faire pardonner, je vais leur offrir quelques images non pas parce qu’ils ont été sages et tout mignons, mais pour le plaisir et l’offrande.
L’image en titre figurait dans mon livre « METAMORPHOSES », magie par laquelle j’allais visiter l’autre face des choses.
En fouillant, pour dévoiler le revers de mes images, je découvrais des mondes magiques sans passer par trucages. Des transformations successives de l’existant, en torsions, distorsions, sublimations, atténuations… tout un cheminement aléatoire, à l’aveugle, sans savoir ce que je faisais et où j’allais.
Au bout de trois, six, dix ou plus de transformations, un cliché nouveau apparaissait, m’interpellait, totalement inédit, je stoppais le processus dès qu’une idée nouvelle surgissait.
Rien, on ne retrouvait quasiment rien du cliché original. Sauf, évidemment lorsque je voulais laisser un indice, une petite trace de l’ADN originel.
Alors, je vous offre, non pas des bonbons, ni des fleurs mais un petit aperçu de mon passe-temps hivernal, ces dernières années.
Je suis passé à autre chose, l’été prochain je présenterai ma septième expo photos, je cherche un thème, l’idée germe dans mon esprit mais rien n’est certain.
Je vivais reclus, dans l’ombre, loin du monde civilisé, les expos et les livres m’ont poussé à sortir de ma caverne, j’ai redécouvert les contacts humains… Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil…
C’est un plaisir de revenir à la vie.
Voici quatre images :

(Image originale un tronc de chêne carbonisé, des débris de feuilles et de brindilles, un lézard passait par là)




J’ai réalisé un peu plus de 800 métamorphoses.
Merci pour l’offrande.
Toujours un plaisir 😻
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