Carmelu.

Ce passage s’adresse aux villageois, exclusivement.


Je viens d’apprendre le décès de Carmelu, juste après ses funérailles.
C’était un homme d’une discrétion exemplaire, un ancien maçon, travailleur inlassable affichant un sourire permanent.
II incarnait la simplicité, la bonté d’un être authentique et franc.

Malgré le labeur difficile qui n’épargne pas les gens de la pierre, du ciment et de la truelle, il a bénéficié d’une retraite digne. Il ne se plaignait jamais et semblait heureux de faire des rencontres lorsqu’il cheminait dans les parages pour se maintenir en bonne forme. Toujours le sourire aux lèvres et le mot amical, il promenait ses souvenirs au vent.
Tellement discret qu’il est difficile de lui tracer un portrait aux contours bien dessinés, là est toute son originalité.
S’il se montrait un peu en retenue, malgré le plaisir évident de vous rencontrer, c’était par pudeur et non par méfiance ou refus de se livrer. Une forme de respect que seuls les hommes du labeur et du devoir accompli portent en eux.

Je revois encore votre sourire paisible, cher Carmelu, j’ai eu un profond respect pour vous et votre famille si discrète, à votre image.
C’était un plaisir de m’arrêter échanger quelques mots avec vous. Il n’était point besoin de s’attarder longtemps pour comprendre qui vous étiez. De ces hommes qui passent sans faire de bruit et que d’aucuns oublient trop facilement alors que vous pourriez être un modèle pour notre société.

J’ai regretté d’apprendre votre départ après vos funérailles.
Je n’aurais point manqué de vous accompagner discrètement, aussi, pour saluer votre mémoire.
J’imagine que votre chemin dans l’ailleurs est déjà tracé.
S’il existe un Eden paisible, sans doute y êtes vous déjà, je vous devine dans un endroit discret souriant à tous ceux qui flânent devant vous…
Je ne vous oublierai pas de sitôt.

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