La perspicace Natacha.

Natacha est une jeune fille discrète, au sourire timide qui trahit sa soif de savoir.
Elle parle peu mais elle absorbe la moindre petite curiosité, le moindre vermisseau de vie l’intéresse, parfois l’intrigue.
Elle écoute et elle apprend. Elle emmagasine paroles et idées qui vagabondent dans son environnement immédiat.
Il m’a semblé deviner une grande capacité d’écoute, l’envie d’engranger bribes de vie ordinaire.
Si j’ai bien compris car je ne suis pas à un quiproquo près avec mon audition qui me complique la vie, qu’elle termine ses études de musique, se destinant au professorat.
Pas étonnant, la mélomane semble engagée sur des notes pour concertos, allégro, adagio, crescendo et tutti quanti d’une vie au piano du genre humain.

Voilà ce que j’ai retenu de sa discrétion absorbante, non pas en l’observant scrupuleusement mais en survolant ses attitudes lorsqu’elle tendait l’oreille pour gober le moindre détail qui flottait dans l’air. Elle s’en nourrissait pour enrichir sa gouverne.

Lorsqu’elle cherchait à percer le secret de la photo mystère, je vous assure que j’étais presque certain qu’elle ne serait pas trop éloignée de l’idée originale. Elle a hésité à délivrer sa version de l’allégorie que j’avais imaginée.
La photo, à priori sans intérêt et pas très originale au prime abord, invitait à dégager la substantifique moelle censée révéler la teneur de l’expo.

L’allégorie s’intitulait : « En attendant le jugement dernier ».
Elle avait noté : « La pince de l’Au-Delà vient chercher les futurs habitants du Paradis ».
On ne pouvait trouver meilleure similitude avec l’original.
Elle avait signé Martine, le prénom de sa mère qui l’accompagnait.
Bravo Natacha, l’avenir vous appartient !

Il est évident que cette image répond à de multiples interprétations toutes aussi pertinentes. Mais le but du jeu consistait à se rapprocher le plus possible de l’idée de l’auteur. Il fallait bien que jeu se fasse.
Voici quelques autres perceptions du cliché que j’ai notées au passage :

La parole muselée
Migrants se noyant en Méditerranée
Crabe
L’irréel et la réalité
Partage du monde, inéquitable entre ceux qui ont tout ou beaucoup et ceux qui n’ont rien ou peu.
L’emprise
La solidarité féminine face au progrès destructeur. « Riso amaro », un chœur de femmes en lutte.
La femme libre
Extraction lyrique
Le visible et l’invisible

Avouez que toutes ces interprétations méritent intérêt.
Je remercie tous les visiteurs de cette expo. Ils furent nombreux, intéressés et souvent surpris par mes images.
C’est encourageant, je réfléchis déjà à la prochaine qui devrait s’intituler :
ALTA ROCCA : L’AVVINTA DI I CAMPANILI
Alta Rocca : La promenade des clochers.

Voici un autre aperçu de cette exposition :
L’allégorie de l’éphémère.

Explication : Le ciel n’est autre que le chapeau d’une coulemelle et l’arbre fruitier est moribond. L’un a courte vie et l’autre, malgré sa longévité, est déjà presque mort. A l’échelle du temps, ce n’est qu’éphémère.
Un ciel aux couleurs de l’automne, un soir de tardif coucher du soleil..

Il y avait une quarantaine d’images et chacune avait une histoire propre.

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