Tu vois…

 

DSC_2271Noir c’est noir…Il n’y a plus d’espoirs…
– T’es déjà là, toi ?
– Comme tu vois.
– T’as du nouveau ?
– Tu parles, tu crois qu’à mon âge, ils vont me reprendre. Je préfère oublier. Tu bois un coup ?
– Un rosé, chef !
– Tous les mêmes. Avant les élections, vous allez voir ce que vous allez voir… Puis après, tintin, y a plus personne. Y trouvent même le moyen de se taper dessus  alors qu’on croyait qu’ils étaient ensemble.
– C’est ça la politique, mon vieux . T’avais pas compris ?
– Si, j’avais compris mais tu finis toujours par les croire… c’est fou ce truc-là !
– Qu’est-ce que tu veux faire ?
– Tu vois, moi je les obligerais à tenir leurs promesses… T’as dit ça, tu fais ça. Ils signent un contrat… pas tenu, hop ! Dehors !
– Hum, à ce compte-là, t’as plus personne… Plus d’candidats.
– M’en fous ! Ce s’ra pas pire… T’inquiète y aura toujours un plus con pour faire le métier.
– Alors ça va continuer ? Tu changes rien avec ton truc ?
– Hé ! Patron, chargez les verres ! Finalement, y a que le rosé qui te fait voir la vie en rose. Après tu t’endors et tu rêves en rose bonbon.
– Et quand tu te réveilles, tu broies du noir ?
– Ben, après tu recommences avec du gros rouge, la thune se fait rare…
– Tu vois, je t’accompagne et je commence à te comprendre, faut pas croire que c’est l’rosé, j’ai l’habitude. J’en connais qu’il faudrait attacher dans un isoloir et fermer le bureau de vote pendant trois jours…
– Tu crois ? Si t’as plus personne pour faire des conneries, te refiler un p’tit chômage, t’es foutu, tu vas être obligé de travailler.
– Fini le rosé !
– Non, avec le travail tu pourras boire du pastis, ça va chauffer plus vite autour des comptoirs. Pour l’instant à chaque élection, tout tremble et rien ne bouge.
– T’en prends un autre ?
– Non, je rentre. L’autre en arrivant va me dire : « Ça y est t’as refait le monde au bistrot ? Non ! Que je vais lui répondre, regarde bien, rien n’a changé ! J’ai rien touché ! » Après je vais me coucher pour oublier, comme ça, au réveil, je sais où je dois aller. Tu vois ?
Pendant ce temps, le patron frotte frénétiquement son verre avec le torchon et, presque aux anges,  sourit : La vérité ne sort pas que de la bouche des enfants… Et en plus ça rapporte. Tu vois ?
C’était une longue brève de comptoir… inventée pardi ! Mais bon, tu vois ?
DSC_2274Même les tomates sont en deuil… Les temps sont durs.

 

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