L’enfance du lard.

« Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger ».
(Aphorisme de Socrate, popularisé par Molière dans « L’avare ».)

Un « manger pour vivre » qui de nos jours est devenu « Manger oui, mais comment » ?

Comme j’aime ? Une pub qui propose de perdre des kilos superflus ou « Comme j’aime manger » ?

Naguère, on ne se posait pas trop de questions.
Je me souviens, dans la chaumière de mon enfance, lorsqu’on avait tué le cochon, la charcuterie pendait aux poutres et séchait à la chaleur de la cheminée.
Outre les saucissons, figateddu, saucisses, coppa, lonzu et prisutu, des plaques de lard s’exposaient sous le plafond, bien plus bas que toute autre charcuterie.
Elles étaient pendues à hauteur de visage afin que grand-mère puisse prélever ce dont elle avait besoin pour cuisiner.
De temps en temps, lorsque l’envie lui prenait, elle s’offrait des tranches fines qu’elle présentait aux braises pour les griller. Elle épongeait le suint avec des tranches de pain pour les imprégner de gras puis croquait le lard devenu croustillant. J’entendais craquer la couenne, grillée à point, qu’elle accompagnait d’un bout de pain imbibé de graisse.
Un bruit engageant, une croque qui sonnait agréablement aux oreilles.
C’était la vie sans se soucier des conséquences mauvaises, nous ne savions pas.
Savons nous aujourd’hui et que savons nous de la vie ?
Sa réaction de plaisir, voyant ses yeux fermés pour mieux apprécier ce bonheur, m’invitait à suivre son exemple, une aïeule est un exemple pour les enfants, pensions-nous.

On se demande toujours si l’on fait bien de se nourrir ainsi comme l’enfance du lard nous l’a communiqué.
Aujourd’hui kébab, pizza et Mac Do ont pris la relève, les jeunes ne jurent plus que par l’air du temps.
On veut gagner quelques jours, quelques mois, quelques années, en oubliant que le temps ne dit rien.
Il ne prévient pas, c’est peut-être pour demain, dans quelques heures ou pour dans quelques années qui arrivent bien vite. Que savons nous du temps mieux que naguère ou antan ?
Le temps voyage, nous sommes en voyage sans savoir si ce train qui nous promène va bien tenir sur rails ou dérailler, peut-être exploser sous la bêtise criminelle d’un illuminé.

Qu’ai-je fait de ma vie ?
C’est la pire des questions.

Salut les amis, portez-vous bien !
Un vœu pieu, il n’en existe pas d’autres.
Tous les souhaits ne sont que des vœux de longues années en bonne santé !
Vivre longtemps en bonne santé sans avoir goûté au lard grillé, est ce bien raisonnable ?

Grand mère a tenu longue vie, je suis sur ses traces, dans un an j’aurai vécu autant qu’elle.
Que dieu nous bénisse, disaient nos aïeux !

Si l’enfance du lard m’a poursuivi et reste de mon fait, bénédiction peu me chaut car je n’en sais rien. 😉

Par nostalgie, j’ai mis de la saucisse à sécher devant ma cheminée, ici éteinte, je ne l’allume que le soir. Cette image n’a rien à voir avec celles de naguère au coin du feu.

Le petit plus du soir.

6 commentaires

  1. Le cochon élevé sainement ne pouvait qu’être bon pour la santé !
    L’enfance de l’art cette enfance avec du lard 😀
    Bonne soirée Simon 😻

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