Une suite à « L’éloge du lit ».

« U lettu hè una bedda cosa
Chi un’ dormi si riposa ! »         (Tante Marie la sacristine)

Les lecteurs assidus de ce blog s’en souviennent sans doute, je terminais le texte ainsi :

« La couche, tiens la couche ! Il s’en passe des choses sur la couche ! Heureusement qu’elle n’est pas bavarde, vous l’imaginez en train de tout raconter ? La honte et l’épidémie d’éreutophobie (peur de rougir) galopante assurée !

Tante Marie avait bien raison lorsqu’elle se faisait poétesse. Elle ne savait pas lire mais disait bien la vie…
J’ai souvent été son fabuliste en lui adressant des récits pour la convaincre de ne plus se faire teindre les cheveux en violet, c’était ma manière de m’entraîner à l’écriture, me familiariser avec la plume sergent major.
Dormir était pour elle toute une aventure puisqu’elle passait son temps insomniaque à converser avec le divin à haute voix.
A ses vers, j’en ajouterai quelques autres pour être plus complet :

Le lit est une bonne chose
Qui ne dort se repose

Et qui rêve de coquineries
Ici même les assouvit
Puis totalement épuisé
Tombe dans les bras de Morphée.

Souffrez donc mes pirouettes et facéties
Elles disent choses de la vie, aussi.
« 

Certains, qui ne trouvent point le sommeil, comptent les moutons, quelle idée saugrenue !
Pourquoi pas les flamants roses de passage sur un plan d’eau ? Ou tantôt les uns, tantôt les autres, entre laine confortable d’un matelas et rose bonbon d’un rêve, le repos sera-t-il assuré ?


J’ai vu des lits de célibataires, lits en bataille sans jamais faire la guerre.
Des lits de militaires tirés au cordeau et parfois en portefeuille.
Des lits de gens sages qui font belle image.
Ceux qui se télécommandent, ergonomiques pour faire plus psychologique.
Le lit d’un flémard toujours en chantier.
Les lits défaits après une longue bataille, qui portent les traces des corps à corps, jamais refaits.
Les lits à baldaquin, à têtes somptueuses et même à dormir debout.
Des literies qui rient, d’autres qui rigolent et celles qui grincent au moindre mouvement.
Qui grincent ? Oui, les lit mouchards, qui geignent au moindre frémissement et racontent tout au voisinage.

Tiinn tiinn tiinn ! Font-ils. Avez-vous entendu des lits « tiintiiner » ?
Bien sûr, pas tout seuls, c’est que la cadence fait danse et trouve le plaisir au bout du tango !
Alors, là oui, le lit est une belle chose, qui ne dort compose, explose puis se repose…

Je me souviens des dames de Versailles qui venaient m’entretenir de leurs « bouts d’choux » en détresse alors qu’ils se portaient à merveille fors les états d’âmes de l’enquiquineuse. Elles palabraient sans fin devant la grille de l’école.
Elles ne trouvaient pas le sommeil en cogitant sur le non advenu. Je leur conseillais de faire le tour du grand canal avant de revenir pour la sortie des classes. Je leur enseignais que la course à pied était psychologue de première, elles m’avouaient qu’elles dormaient bien mieux…
La saine fatigue du corps est toujours bonne conseillère !

Certes, je cogite beaucoup aussi, mais c’est pour mon plus grand plaisir et non pour déranger le monde, moi y compris 😉

Le rêve d’une sauterelle… Ouvrir des yeux.

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