Tout droit est le chemin.

Ce titre est juste une boutade, un amusement de plus. On y file tout droit sans qu’il n’y ait de droit chemin… on y va à sa guise supposée, allègrement, comme attiré par un aimant invisible.
« La guise » n’est que virtuelle ou pure diversion. 
Balloté, cahoté, leurré.

« Croire », le mot salvateur. 
Croire que l’on va gagner au loto un vendredi 13, croire que tout baigne, croire en Dieu, cela aide à vivre et à espérer.
Voici mon vagabondage du jour. Mon idéel divague, vaque au doux rêve et pait paisiblement dans un vaste champ d’illusions.

Je lisais un article sur le cerveau et l’auteur écrivait que selon son mode de fonctionnement, hémisphère droit ou gauche actif, une danseuse tournait soit dans le sens horaire ou celui contraire des aiguilles d’une montre.

La question posée était : « Êtes-vous cerveau droit ou gauche ? Testez-vous !»
Probablement, s’agissait-il de définir votre sens de rotation. J’ai failli réagir comme cela était demandé, en affirmant que je filais tout droit, que je ne savais même plus tourner à droite ou à gauche, mon cerveau étant probablement détraqué ou devenu fou. Puis, je me suis ravisé car, le plus souvent, les commentaires sont pris au pied de la lettre, au premier degré, je filais en toute innocence, droit dans le mur. Ce n’était que pirouette de plus de ma part, une autre façon de danser.

Et pourtant, on a beau tourner dans tous les sens, savoir si la dominance cérébrale est lobe droit ou gauche, ça nous fait une belle jambe… même en virevoltant on y va tout droit. Vous comprenez mieux à quel point je suis tordu et oisif pour penser des choses pareilles… des digressions extravagantes qui m’amusent au plus haut point.
Je ne m’étonne plus si mon deuxième ou troisième degré reste coincé au premier dans l’esprit des gens. Ils ont d’autres chats à fouetter que mes circonvolutions intellectuelles que je crois, du reste, purement sensuelles. Bref !

Alors cette idée m’a conduit ailleurs, c’est-à-dire toujours au même endroit, là-bas.
Comme je ne sais pas ce qu’il y a là-bas, ni même s’il existe un là-bas, je rêve éveillé. Je m’imagine un monde, fabriqué ici-bas pour être certain d’en avoir connu un dans mon imaginaire.
C’est très agréable, on y met ce qu’on veut, ce qui nous arrange et nous plait.
Aujourd’hui j’ai voyagé avec la chanson de Jacques Brel « Regarde bien, petit » :

Regarde bien, petit,
Regarde bien
Sur la plaine là-bas
À hauteur des roseaux
Entre ciel et moulin
Y a un homme qui vient
Que je ne connais pas
Regarde bien, petit,
Regarde bien
……………………………
Allons, c´est bien le vent
Qui gonfle un peu le sable
Pour nous passer le temps
Regarde bien, petit,
Regarde bien
Sur la plaine là-bas
À hauteur des roseaux
Entre ciel et moulin
Y a un homme qui part
Que nous ne saurons pas
Regarde bien, petit,
Regarde bien

Il faut sécher tes larmes
Y a un homme qui part
Que nous ne saurons pas
Tu peux ranger les armes

J’ai écouté la musique de mémoire seulement, j’ai senti le vent, j’ai vu les roseaux, le sable et la poussière et puis le temps qui passe. Cet inconnu qui semble venir vers moi alors qu’il n’en a cure, il trace droit et disparaît. Un espoir fait naitre le sourire et s’évanouit lorsqu’il est à portée de lèvres. La main que l’on croit tendue s’efface, vous frôle au passage et puis s’en va…

J’ai mobilisé mon cerveau sans effort, j’ai hissé mon regard pour visiter mon ailleurs par-dessus les montagnes… J’ai vu et j’ai senti le vent, un souffle qui ressemblait à celui de la vie.
Une vie qui m’ignore dans le vide de ses yeux.
Les miens voulaient bien s’inventer cet autre monde, dommage, l’écran reste désespérément blanc, il faut imaginer la scène.

C’est décidé, j’y vais, tout droit mais en tournant dans tous les sens, à aiguilles ou contre-aiguilles, à reculons, à roulades, à gambades, à cloche-pied, au sprint…
Non ! Pas au sprint ! S’il vous plait, j’ai encore besoin d’un peu de temps. 

Le temps de profiter de mon ignorance et la remplir inlassablement de mes envies.
Je sais que l’on ne sait rien sinon que la dominance cérébrale de l’hémisphère gauche nous oblige à guincher vers la droite… alors je danse en attendant…
Je ne me préoccupe plus du sens giratoire, je sais qu’on y va tout droit.

Vous voyez ? Tout droit, c’est là-bas !

Big bisou !

Il n’existe aucune tristesse dans ce regard, c’est l’expression d’un homme qui aime la vie et se presse de n’en perdre miette, en bon épicurien qu’il est !

2 Comments

  1. Pour quelqu’un qui va tout droit, vous ne dédaignez pas les chemins de traverse et vous avez raison, ce sont les seuls qui sont intéressants 🙂

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