
C’était une fin d’été.
Le jardin avait souffert de la chaleur. Les pieds de tomates étaient brûlés au dernier degré. Entre Phébus qui avait cogné toute la saison et le terrible mildiou, seuls quelques petits fruits encore verts résistaient avec une folle envie d’arriver à maturité.
La larve de noctuelle avait ouvert les yeux à l’un d’eux en sortant de ses entrailles. Ça le rendait un peu triste comme s’il se plaignait de cette nouvelle attaque.
C’était fin de saison au jardin qui n’avait bu aucune goutte d’eau depuis deux mois.

Le lézard, hésitant entre une livrée verte et son buste brun, me lorgnait curieusement.
Il ne semblait pas trop se plaindre, il avait bonne mine malgré son regard mi- sérieux, mi- intrigué.
L’œil était vif, le petit reptile profitait pleinement du soleil.
Il n’a pas déguerpi, nullement effarouché par ma présence.

Entre deux pieds de tomates, l’épeire diadème, je crois que c’est elle, sinon une cousine proche, préparait son festin. Elle emmaillotait une mouche pour plus tard, sans doute. Elle se fichait également de ce photographe qui n’arrêtait pas de la viser sous toutes ses coutures.
Un peu plus loin, les punaises, la verte et l’arlequin, avaient fort à faire aussi en s’attaquant aux aubergines en fin de cycle.
Si l’on en juge par la canicule qui sévit en ce moment, peut-être ferais-je le plein d’images dans une atmosphère aux couleurs chaudes à l’été finissant.
Un monde insoupçonné, lorsqu’on n’a pas la curiosité d’un entomologiste, ni l’appareil qui vous pousse à observer les environs, à scruter la moindre touffe de brindilles, mène une vie secrète loin du regard des passants qui passent en ignorant la vie qui fourmille à ses pieds.
Voilà bien un petit moment de bonheur.
On observe, on photographie, on se prépare de bonnes soirées d’hiver à peaufiner toutes les images bâclées parce que la position était inconfortable, l’angle trop fermé, le vent s’en mêlait, ou simplement parce que l’animal avait la bougeotte et refusait de se laisser tirer le portrait.
Le plaisir se cultive, il faut y trouver ces raisons qui vont, du fond des entrailles, faire monter des émotions.
Des raisons que l’on trouve partout, dans tout ce qui nous émeut et nous fait frémir un tantinet ou plus intensément.
Un rien, un presque rien du tout est goutte de plaisir si l’on sait y dénicher une once émotion.
Les muscles horripilateurs se chargeront, sans commande, de redresser les poils annonciateurs de frissons…




Le petit plus urbain : Chercher la petite bête qui monte, qui monte… et puis qui descend.

Ha ha ha ! Je n’avais pas lu l’inscription sur le coeur alors je m’escrimais à chercher la « petite bête » sur les murs 😉 Simonu !!! 🙂
Sinon formidable série, le bonheur tient dans ces petites choses que nous ne regardons jamais, tout un monde aussi beau et intéressant que le notre.
Pourquoi « Sinon », la chute n’est pas surprenante ?
Et dire que je me décarcasse pour mettre un brin d’humour dans le trop sérieux !
Non, je ne me décarcasse pas, ça vient tout seul 🙂
C’est bien comme ça que je l’ai pris.
Oui, je sais, mais c’était le seul angle pour sourire plus fort 😉
hmmmmmmmmm le parfum des punaises vertes !!! 😀
Ah vous aimez ? 😉
C’est rarissime !
Je ne pense pas que ce soient celles-ci qui dégazent.