Habemus papam humanus.

A la locution latine « Habemus papam » prononcée depuis le balcon de la Basilique Saint-Pierre de Rome pour annoncer l’élection d’un nouveau pape, j’ajoute « humanus » : nous avons un pape humain.

Pour une fois, je vais être sérieux et saluer sa lucidité en démissionnant de sa fonction. Il se sent faible physiquement et pense ne pas pouvoir assurer sa mission dans de bonnes conditions.

Le dernier pape en date à démissionner était Grégoire XII en 1415, mais c’était pour des raisons plus troubles. Papes de Rome et d’Avignon n’étaient pas en odeur de sainteté.

Je tire donc mon chapeau pour faire mitre basse à celui qui donne des leçons à nos politiciens accrochés à leurs mandats comme des berniques à leur rocher.

Il a gardé la tête froide car, apparemment, tout serait bien réglé comme du papier à musique pour que le nouveau pontife naisse le jour de la résurrection du Christ. Une naissance papale concomitante d’une résurrection pascale.

J’ose espérer que la fumée blanche annonciatrice d’un nouveau pontife ne coïncidera pas trop avec le jour du retour à la vie du Messie. Cela ressemblerait trop à un accouchement provoqué.

En attendant, si j’en avais le pouvoir, je lui décernerais le Trirègne de platine, cette tiare papale aux trois couronnes symbolisant les trois pouvoirs qu’il n’avait plus : père des rois, règne sur le monde et vicaire du Christ… de quoi le faire rêver une dernière fois.

Celui qui avait déclaré le premier, « chassez le naturel il revient au galop »,  avait bien vu. J’étais vraiment sérieux au début de ce texte et j’ai encore glissé sur une peau de banane pour m’étaler dans la dérision. Je mourrai comme ça, je n’ai aucune intention de démissionner de mon ipséité*.

 

*Ipséité (Philosophie) Pouvoir d’un sujet pensant de se représenter lui-même comme demeurant le même, malgré tous les changements physiques et psychologiques qui peuvent advenir à sa personne au cours de son existence.

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