Procrastination.

« Demain on boit à l’œil », c’était écrit sur la glace d’un bistrot du village. Demain, je ne serai pas là, je ne fais que passer, je ne suis pas un habitué et ne boirai pas demain. Personne ne boira à l’œil, demain. C’est toujours écrit sur le miroir, c’est pour demain et demain pour le lendemain… Un demain perpétuel.

Demain, je te dirai, je ferai et j’irai…

J’écrirai, je rirai, je crierai, demain. Je pleurerai, peut-être.

Trente-et-un an que père est parti, c’était hier pourtant. Tout juste hier, c’est toujours hier lorsqu’on retient, lorsqu’on se souvient, lorsqu’on fait vivre au quotidien. Vivre en silence, en filigrane et vivre son imagination qui s’accroche au passé, à ceux qui nous ont marqués et que l’on a aimés. On aime après, avant on ne sait pas, on passe comme si le temps éternel nous était confié… On voyage, l’essentiel est pour l’après lorsqu’il devient présent, un présent fait de passé que l’on a manqué…

Pour lui, demain n’existe plus, ne viendra plus, il n’y pense plus.

Il n’y a plus de lendemains.

On attend toujours demain et puis, un jour il ne vient pas… On ne sait plus, on n’attend plus.

Lequel ? Quand ? Demain ne prévient pas. Il vient ou ne vient pas.

Aujourd’hui, je sais, je fais, je dis, j’écris, je ris, je pleure, mais demain, je ne sais pas :

Demain n’existe pas.    

Procrastination, ce mot barbare qui se fout du temps, qui projette sur du vent, qui jette ce qui nous embarrasse ou nous tracasse pour mieux vivre l’instant présent.

Alors, si c’est ainsi,  oui, « procrastinons », renvoyons au vent et aux calendes grecques les scories du temps de maintenant.

Demain, je vivrai à l’œil, c’est écrit sur le temps… mais je vis au présent, demain c’est encore du vent, maintenant je n’ai pas le temps… demain il sera temps pourtant.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *