Par monts et par vaux, ici et maintenant mais naguère souvent aussi.
Aujourd’hui, j’ai rencontré une petite tortue en débroussaillant. C’est peut-être une fille d’Ariel, vous vous souvenez ? Les mésanges charbonnières se chamaillent, je les entends derrière la cabane bleue, près du nichoir duplex que je leur ai préparé. J’irai voir si ça bouge de ce côté-ci et je prendrai des photos si elles ont élu domicile. Elles font tant d’allées et venues, c’est facile de les photographier.
La vigne est prometteuse cette année. C’est la première fois que je laisse les longues tiges sur le grillage. Elles sont chargées de grappes. Tous les ans, je les rabattais à deux yeux pour être conventionnel. Et puis, elles s’en fichaient, s’étiraient sur cinq mètres et plus. Sans doute aiment-elles la vie comme moi, elles filent sur les appuis trouvés ou rampent dans les herbes folles. Les grappes planquées, on les remarque tardivement lorsque celles bien en vue ont été croquées, éclaboussant le palais de plaisir sucré. Ce sont les guêpes qui trahissent leur présence sous les chiendents, avant l’entrée de l’hiver.
Les cerisiers aussi promettent mais les merles font des rondes déjà et les geais en vadrouille pour le moment, ne vont pas tarder à débarquer. Je crois que le rouge les attire, que la chair ferme et juteuse de la burlat, ou plus épaisse encore de la cerise Napoléon, les enivre. Ils aiment ça, la griserie. Merles comme geais deviennent fous, on ne les contrôle plus, ils n’en font qu’à leur bec, massacrant à tort et à travers. Ils n’ont aucun sens de l’économie, ni du partage, c’est tout pour leur gosier tout de suite, maintenant… « Après » et « plus tard » n’existent pas. Ce sont des épicuriens bêtes, tout ce qu’il y a de plus primaire et de goulu. C’est vrai qu’ils n’ont sans doute pas la notion de temps. Pour eux, seul compte se gaver, « ici et maintenant », non par calcul mais par survie, par nécessité immédiate. On ne va tout de même pas leur demander de réfléchir un peu !
La pomme de terre est en avance, elle exhibe ses fleurs et pense être prête à rissoler vers la mi-mai, en robe des champs de préférence. Elle est coquette la primeur, on la fait sauter comme une ballerine dans du beurre… je la préfère à l’huile d’olive avec de la fleur de sel et une bonne froufroutée de poivre de Chine. . On va se régaler. Fèves et petits pois sont déjà au menu du jour. Un régal, j’ai goûté. C’est frais, vif et sucré et ça « craquouille » sous la dent.
Fèves du jour. (Cliquer sur les images)