Blues au jardin.
On dirait, que mine de rien, le soleil s’est rapproché de nous.
Le four est à fond, les degrés s’emballent, l’air devient irrespirable, on vit reclus, les volets clos.
Cela dure et perdure.
La végétation est grillée, le maquis souffre et grésille. On entend les herbes sèches qui se rétractent dans un petit bruit sec. Les gousses de lupin éclatent et libèrent leurs graines en avance sur les autres années.
C’est la plainte végétale, le blues des végétaux.
Jamais jardin n’aura autant souffert de la canicule.
Les courgettes s’étirent en une pointe fine qui jaunit et se ramollit, parfois imitent la fiole de laboratoire à long col et fond ballonné. Je les appelle les courgettes chimistes, elles sont malades, ne savent plus qu’elles sont cucurbitacées, elles ont perdu la tête, se prennent pour des laborantines.
Les aubergines avaient belle allure en juin, promettaient bonne production. Elles ont été stoppées dans leur croissance, complètement nanisées et déjà remplies de graines sans même avoir mûri.
Les concombres font feuillage en abondance.
Les fleurs, en quantité, pourtant pollinisées, ne produisent qu’un ou deux fruits biscornus, plutôt blancs que verts et très amers au goût. La terrible amertume du concombre qui peste après à la météo en folie.
Les oignons cuisent sous terre s’allongent au lieu de grossir. Peut-être vont-ils chercher plus profond, trace d’humidité, goutte salvatrice.
Les tomates rechignent à prendre volume, montrent cul noir, nécrose apicale, dit-on plus poliment. La plante s’assèche, assoiffée se rabougrit, crie altération et famine. Heureusement que leur plainte est visuelle, aphone, inaudible, sinon les environs ne seraient plus que cimetière de plantes agonisantes, témoignant leur souffrance à grands râles insupportables.
Bref, je n’ai jamais vu un tel désastre au potager.
Dès la mi-juillet tout est déjà fichu, il n’y aura pas plus de légumes fruits et pas de regain.
Dans un coin du jardin réservé à la tomate Roma qui ne nécessite pas de tuteurs, tout est brûlé, affaissé, couché à terre et pleure en silence.
Les fruits exposés à l’astre du jour sans protection du feuillage, présentent une face pâle, c’est le coup de soleil de la tomate.
Le jardinier rougit, la solanacée blanchit.
On dirait qu’une bombe atomique a explosé dans les parages.
A ce rythme, il n’y aura bientôt plus de jardins, la pénurie d’eau et le four céleste ouvert à grand foyer auront eu raison de notre déraison.


Les hiboux sont partis se cacher et gardent silence.

Image en titre, dernière récolte.
Des bien jolies phrases pour une constatation désolante.
Ça fait peine !
Ici mes pommes de Calville si belles fin août sont toutes à terre et à mi grosseur.
😻
Ici, c’est du jamais vu et c’est pareil pour les fruitiers.
Je vois que vous avez votre part de désolation.
L’année prochaine sera année test, mais osera-t-on planter à perte probable ?
Oui, c’est décourageant. 😻
🙂 Sourions tout d’même !
Oui 😊