La marmite de guingois !

La marmite de guingois est un symbole, celui des travers du progrès.

Depuis hier 21 heures, alors que le temps était déchainé, il n’y a plus d’électricité, l’EDF annonce le retour pour 10 heures.
Je préfère prendre les devants et revenir aux temps anciens.
Je cherche le trépied dans le jardin, sors la vieille cocotte des années 60 qui dormait dans la cave et décide de pocher la morue que j’avais mise à dessaler.
Tout concorde pour remonter le temps, vieux ustensiles et bacala (morue salée, c’est de plus en plus rare) .

Un peu de morue.
Pochée à point.
Une vue de l’ensemble. Le temps est à la bruine à ce moment.


Heureusement j’avais anticipé pour midi, point de lumière, nouvelle annonce pour un retour vers 14 heures.
Même scenario l’après midi, vers 17 heures, la fée électrique restait cachée.
Avant la tombée de la nuit, je recommence mon cinéma, ce sera des pâtes pour ce soir.

L’après-midi, j’avais rectifié le tir, la marmite n’était plus de guingois.
Cuisson parfaite des pâtes.
Assaisonnement prêt. Une tomate ananas, de la poutargue et du basilc.
Et voilà le repas du soir, il ne restait plus qu’à rectifier l’assaisonnement, huile d’olive, sel et poivre d’huîtres.

Figurez vous que je ne me plaignais pas, j’étais heureux de réveiller mes vieilles années.
A l’époque ancienne, les coupures de courant étaient fréquentes l’hiver sans grosse intempérie, mais cela ne surprenait personne.
Nous étions habitués, encore très éloignés du tout électrique.
La cheminée était active en permanence, nous cuisinions dans l’âtre.
Les quinquets, les bougies et les lumignons attendaient sur la cheminée, opérationnels dès la fuite de l’électricité.
Aujourd’hui, c’est plus compliqué, il n’y a point de secours en première intention, nous sommes pris de court si la coupure s’éternise.
La plaque chauffante reste froide, la cafetière en carafe, le téléphone aphone, la télé gelée, internet interné, plus d’eau chaude, plus de clim…
C’est de bon augure pour les autos tout électrique en cas de grosse panne nationale.
Qui vivra verra et qui verra râlera.

Lorsque le progrès atteint les sommets, la dégringolade s’apparente à une avalanche, et plus il est pointu, plus on sent la douleur lorsqu’on s’empale sur le pieu d’en bas !

C’est ainsi, le temps passe et adoucit les tracas, dès que la fée lumière apparaît, on oublie tout jusqu’à la prochaine escapade intempestive de la fée « courant ».

J’avais sorti le vieil arsenal qui rouillait dans le jardin, voilà pourquoi la marmite était de guingois !

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