A mes amis politiciens.

Voici la phrase originale : « La richesse matérielle est comme l’eau salée, au plus on en boit, au plus on a soif »
Arthur Schopenhauer, philosophe allemand (1788-1860)
Je suis toujours un peu triste lorsque je lis le quotidien régional et que je vois un ami d’enfance ou quelqu’un que j’ai connu jeune, affublé d’une écharpe exhibée de manière ostentatoire pour un fait ordinaire porté au pinacle de l’œuvre politique. C’est l’usage, parait-il, de s’afficher ainsi, mais on peut y déroger en toute simplicité. Les jours d’inauguration banale sont moments hautement ridicules. Il faut les voir, épaule contre épaule, formant une belle brochette, tenant le ruban tricolore inaugural à deux mains, le regard décidé pointé vers l’objectif du photographe. Qu’ont-ils en tête à ce moment ? Y croient-ils vraiment ? Ou sont-ils devenus stupides au point d’en perdre tout sens de la modestie ?
Souvent, c’est le signe que des élections prochaines sont en train de chauffer. Comme la poule, prise de fièvre, ils se mettent à couver.
Chers amis, si vous êtes élus d’une ville ou d’un village, vos administrés le savent puisqu’ils ont voté pour ou contre vous. Ne vous affichez pas comme l’aurait fait un empereur romain, cela ne vous apportera rien et n’intéresse personne, sauf si vous visez des mandatures plus larges parce que la politique vous donne soif.
Ce n’est pas bien. Regardez-vous dans la glace le matin et souvenez-vous de l’enfant que vous étiez. Pensez aux chèvres, à la boue charriée en pataugeant dans les ruisseaux presque à sec, à vos genoux écorchés, à vos bêtises juvéniles, cela vous fera le plus grand bien. C’est très salutaire de se rappeler d’où l’on vient.
L’essentiel est d’accomplir le travail que vous vous êtes assigné en postulant à ce mandat. Il n’y a rien d’exceptionnel à cela, c’est une fonction comme une autre. Des gens vous ont fait confiance et cela devrait suffire à votre orgueil. Sincère et efficace, vous serez reconduit dans vos fonctions, inutile de parader, de faire le beau, de se pavaner. Il n’y a rien de plus gênant lorsque prenant de l’âge et de la sagesse, en toute sincérité, vous porterez sur vos mandats le regard de celui qui, comme tout être humain, ne fait que passer.
Et songez que généralement c’est à l’occasion d’une défaite cuisante que l’on pose les pieds sur terre. Vous n’étiez rien d’autre qu’un commun des mortels. Et si cela reste insuffisant pour vous ramener à la réalité, un jour vous saurez peut-être.
Quel dommage d’avoir oublié la simplicité et la mesure ordinaire des choses de la vie…

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