Le spectacle de la nature.

Avant de vous montrer des images, je vais vous ennuyer deux minutes.

Lorsque j’étais en activité, le philosophe Gaston Bachelard se promenait dans mon esprit.
C’était mon préféré. Voici ce qu’il pensait de l’esprit scientifique :

« L’esprit scientifique doit se former contre, ce qui est en nous et hors de nous, l’impulsion et l’instruction de la nature. »

J’adhérais totalement à cette formulation qui résumait parfaitement la difficulté de parvenir à cet esprit détaché, en recul avec le spectacle de la nature souvent trompeur.

Parvenir à l’esprit scientifique signifie que l’on a gagné la bataille sur les deux fronts.
Celui contre notre nature profonde, nos pulsions, nos sentiments, notre anthropomorphisme.
Tout ce qui entrave la vision objective des choses.
Puis le deuxième front, contre l’instruction de la nature c’est à dire le spectacle qu’elle nous offre, souvent trompeur aussi.
Un clou qui rouille, une bougie qui brûle et un être qui respire répondent à la même loi de l’oxydation, lente ou rapide, et pourtant les images sont très différentes.
Il n’y a donc de science que du caché.

Avec l’âge, j’ai dépassé ce stade ou plutôt j’ai effectué un retour à « l’avant esprit scientifique ».
Une sorte de régression mais une régression voulue et assumée.
L’envie est toute autre, je souhaite voir ce que j’ai envie de voir sans effacer mes instincts, mes plaisirs.
Mais je procède en toute connaissance de cause, c’est une volonté transgressive qui me convient parfaitement.

Voilà donc ce que signifie mon « je m’amuse » qui revient de temps en temps sur mes pages.
C’est ce que d’aucuns appellent la poésie et me traitent de poète 😉

Alors, voici le spectacle de la nature tel que je le visite en cette saison :

Les fleurs de sauge arbustive rouge cocoricotent, en ce moment.
Parfois prennent le masque de la Comedia del arte.
La garance voyageuse offre son caviar…
Puis sa perle rare.
Les feuilles automnisent.
Celles du chêne vert imitent le houx.
Les feuilles du figuier étalent leurs paluches rouillées.
Les mûres momitisent.
Le ciste est cramé.
La feuille de cerisier s’acoquine avec celle du lys et toutes deux chuchotent et chochottent.
Les fruits de l’althéa desserrent leurs mâchoires.
Les flagelles des fruits de la clématite des haies cotonisent.

6 commentaires

  1. Je me sens visée 😉 Ce n’est pas une insulte que de dire que vous êtes poète, bien au contraire et en tout cas de ma part 🙂
    Vos photos sont parfaites, la perle notamment est une très belle macro. Il y a tant à voir en toutes saisons dans la nature!

    1. Non, vous n’étiez pas visée, c’est très courant. On me le dit souvent.
      Je l’ai dit pour le fil de l’écriture. On me « traite » c’est mon jeu de boutades 😉
      Tout cela me donne des idées, par exemple j’écrirai « L’humour sous-jacent », je parie que vous en avez déjà une idée.
      Le flaisir arrive bientôt. Je l’ai écrit hier et cela fait drôle dans la tournure qui ne colle pas avec le matin. Tant pis, il arrive… 🙂

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