Qu’est que t’as sous ton grand cha…peau ?

Mince ! Je me suis trompé, j’aurais dû dire « sous ton grand capuchon ».
Pas grave c’est kif-kif.

Le capuchon de moine ou gouet, pour les initiés, prospère au jardin donnant une impression de monastère. Les moines y sont nombreux et semblent affairés aux travaux agricoles faisant des pauses au moment de l’angélus. Un Angélus qui s’éternise, ils donnent l’impression de méditer. Lorsqu’un rayon de soleil se pose sur leur habit de bure, strié de vert profond ou de brun, on dirait des bagnards affublés de la tenue pyjama.

Le père supérieur qui a connu Gainsbourg se prend pour un fumeur de havane, il volute avec volupté. La fumée qui s’engouffre sous son capuchon lui montre un paradis artificiel rempli d’étoiles filantes et zébrantes, les lumières strieuses de l’univers inconnu. C’est beau la méditation lorsqu’elle transporte dans un monde merveilleux.

Tous ces personnages courbés, au nez Pinocchio qui pointe, nous cachent quelque chose.

A droite, frère Mateo, le plus âgé de tous, pense déjà au paradis. Il tire une longue langue, il n’en peut plus.
On peut voir sur l’image, les feuilles de l’arum sauvage larges comme des cuillères à soupe.

Figurez-vous qu’en regardant de plus près et en utilisant un langage approprié, les choses se compliquent pour le passant qui passe. Le capuchon s’appelle une spathe, c’est à dire une grande bractée membraneuse enveloppant une inflorescence appelée spadice. C’est là, bien à l’abri des regards que se trame la reproduction de cet arum sauvage. Ce sont les insectes ORL qui visitent le fond de la gorge en suivant le nez, qui assurent la pollinisation. Bref ! n’embrouillons pas plus.

– C’est quoi « une bractée » ?
– Ah non ! Ça suffit ! N’allons pas compliquer davantage ! Bon allez, disons que c’est une pièce florale en forme de feuille, mais c’est pas une feuille ! Ici, c’est le capuchon. D’autres disent sépale spécial… Tu comprends.
– Oui, un peu.
– Ben voilà, faut pas aller fouiller comme ça au fond des capuchons, la curiosité est un v…
– Non, non, je t’en prie c’est une saine curiosité, qui s’informe prend forme !
– D’ac, c’est bon pour aujourd’hui, faut pas embrumer l’esprit, non plus.

A la base, on devine la formation des fruits (renflement vert) qui deviendront rouge vif à maturité. A pleine maturité on parlera de raisin de serpent. Pourquoi pas de tortue ou de hérisson ? Allez savoir !
Cherchez « raisin de serpent » sur le net et vous verrez. Je n’ai pas d’image à ce stade, ce n’est pas la saison.

Voilà ce qui se dit lorsqu’on fouine dans les herbes en cherchant à comprendre ce monde caché, simple en apparence. Et lorsque la messe est dite en latin faut être initié, sinon, on psalmodie sans comprendre et on oublie tout dans les minutes qui suivent.

C’est beau la science ! Le savoir, j’adore !
Mais j’adore par dessus tout m’amuser, sinon c’est plus un jeu, ça devient casse tête très chinois et là, gare à la prise de tête.

Ça vous va comme ça ?
Vous n’ignorerez plus les gouets mais couvrez vous bien, gare à votre fond de gorge !

Frère Antonin se repose au soleil sur un banc public, on dirait.
Ajoutons que la plante produit des tubercules.

Egalement appelé « casque de Jupiter » le capuchon de moine est toxique, il faut regarder mais pas en faire une salade.
Basta ! J’arrête là sinon je vais vous décourager ou on va se fâcher…

C’était ma demi-heure de botanique pour les très nuls. Nul moi même, j’ai bourré cette évocation d’anthropomorphisme, c’est plus abordable et souriant. Hélas, on ne fait pas de la science pour rigoler, on le dit mais les botanistes s’amusent autant que nous.

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