Il s’agit d’une rose très ancienne, fragile et dont la tige est hérissée de milliers de petites épines fines. Elle est très odorante, ce qui lui vaut de tenir la vedette dans les laboratoires des parfumeries. A Grâce, sans doute, ses pétales cueillis à certaines périodes de l’année servent de base aux fragrances du parfum de rose.

Cette expression désigne également une nuance de la couleur.
Roseline, ce n’est pas son vrai nom, était une femme distinguée. Très grande, élancée, toujours impeccablement habillée. Son visage pâle légèrement rosé faisait penser à la cuisse de nymphe émue, parfois très émue. C’était une bourgeoise en souffrance, trahie par son maquillage ostentatoire et ses vernis à ongles toujours très vifs. Elle semblait vouloir clignoter en signe de détresse affective semblant quémander bien plus.
Son mari, cadre supérieur, lui avait fait deux enfants mais s’occupait plus de ses affaires que de son épouse.
Elle était surprenante. A la fois discrète et désireuse de s’intégrer à un groupe qui l’intriguait et sans doute éveillait en elle quelques envies d’aventure, envies d’autres, ou d’ailleurs. Ces désirs-là se révèlent souvent dans des réunions censées vous apprendre beaucoup de choses et ne vous apprennent rien. Elles s’éternisent, tournent en rond jusqu’à l’ennui pour dériver et conduire à des apartés d’un tout autre univers. Elle se plaçait souvent à proximité du petit groupe, tendait l’oreille et, parfois, intervenait dans des allusions érotiques. On devinait facilement son émotion lorsqu’elle déclarait la couleur de ses sous-vêtements, rouge vif à ses dires, qu’elle portait ainsi au cas où. Elle s’était inventé des fantasmes pour entretenir sa libido mais était loin d’imaginer qu’un jour, ils pourraient devenir réalité. Elle s’arrangeait pour le faire savoir discrètement et toucher le frisson. Au début, elle rosissait facilement lorsqu’elle trouvait un écho à ses sous-entendus puis, avec le temps, elle se montrait très sûre d’elle au point de provoquer des situations sans équivoque. Certes, elle jouait l’innocente… à moitié seulement car elle devenait vite entreprenante. Pressante même. Des émotions très fortes lui montaient au visage, son regard devenait profond presque avec une pointe d’inquiétude. Même pas, c’était le trop plein de fièvre qui mélangeait ses sentiments dont l’expression se lisait sur son minois virant au rose fuchsia, puis sur son corps frémissant toujours plus haut sur l’échelle de Richter.
Cette femme était dans l’envie, troublée au point d’être demandeuse ne sachant plus où se trouvaient les limites d’un jeu. Etonnée de se découvrir si réceptive, si possédée par le désir, si dévorante. Dans ses moments de transe érotique, elle ne craignait rien, elle prenait volontiers… toujours surprise de sa réaction et de la décharge électrique qui traversait son corps resté trop longtemps en sommeil. L’amour physique devenu tempête et tantôt tornade la secouait en la noyant dans la tourmente. Très étonnée par son potentiel érotique anesthésié jusque-là, elle se savait désormais bombe atomique. Une découverte qui allait la transformer en goulue sachant aussi savourer.
« Cuisse de nymphe » comme un sobriquet de femme indienne, de squaw lui allait si bien. Tout un programme si on ajoute « émue », mais attention, au stade « très émue » vous n’existez plus. Elle vous dévore ou vous explose…

Comme une rose rustique qui s’épanouit puis s’épuise en laissant tous ses pétales au vent, dardant ses fines aiguilles hérissées en souvenir de ses griffures.
A reblogué ceci sur Les choses de la vieet a ajouté:
Il y aura une suite en images essentiellement.
Une évocation non dénuée de tendresse, cette personne à priori peu sympathique, vous arrivez à nous la rendre à peu près aimable…
Hum… Tout de même j’ai un doute quant à sa distinction 😉
Les voies des choses de la vie sont parfois impénétrables…