Bonimenteurs.

Le bonimenteur, comme on le sait à peu près, est une personne qui cherche à plaire, à séduire, à convaincre. Il met toute sa foi, toute son énergie au service d’une cause qui s’avère toujours décevante au bout du compte.

Les politiques font partie de cette catégorie. Ils nous annoncent monts et merveilles pour finalement récolter la déception. Nous en avons la démonstration tous les jours. Le président Macron en est une preuve de choix. Très chaud pendant ses meetings de campagne, personnage nouveau, ce qui ne gâte rien pour être plus crédible, il en fit une brillante démonstration. Le « dégagisme », politique nouvelle pour faire une nouvelle politique, a marché sans être un raz de marée.

Le président nouveau, vif comme un beaujolais primeur qui a des arômes de cerise et de framboise, disons de fruits rouges, laisse un goût acide en fond de gosier. L’année 2017 qui s’annonçait pimpante, sonnante et trébuchante comme un écu neuf, engendre révoltes qui durent. Le jaune des gilets sent le soufre comme un millésime frelaté qui prédit la piquette. Pour faire sang neuf, il s’est entouré de novices qui font actuellement la preuve de leurs incompétences. On ne bâtit pas une équipe de foot avec des basketteurs, des handballeurs, des joueurs de criquet voire des ballerines, on finit par démontrer que l’éclectique engendre l’hétéroclite.

La politique, si exaspérante, ne s’accommode point du noviciat. Il faut des roublards, des rompus aux choses tortueuses, des soldats qui portent les chefs sans trop réfléchir. C’est comme ça. On ne s’improvise pas politique candide, ça n’existe pas, ou alors on se dégonfle sur place. Si l’on part à la conquête d’un pays avec une armée de branquignols, on se perd en cacophonie. Sans réel appui de parti, sans discipline idéelle, chacun se croit investi d’une mission suprême et, disant la sienne, ne fait que compliquer les choses. Le président entouré d’artistes, d’originaux de tout poil, doit se garder à bâbord comme à tribord car tout va à hue et à dia au cœur des troupes censées le protéger. Sans le vouloir, il a créé une armée de candides qui se prennent pour des candidats, incontournables à toute élection qui se présente. Il ne leur a fallu que peu de temps pour attraper le virus hautement politique. Il n’y a pas de mystère, si vous entrez dans un tonneau qui a vieilli du vin vous en sortez avec des étoiles dans la tête.

Le domaine électif est très contagieux. Qui y met les pieds, rempli de bonne foi, en ressort très vite contaminé par le syndrome de l’arapède fermement accrochée au rocher. Désormais, on ne déloge l’animal que très difficilement. Il devient capable de faire des infidélités à l’ostréiculteur qui l’a implanté en milieu marin, pardon, en milieu malin.

Deux soldats viennent de déserter le QG de l’armée La République en Marche pour briguer la mairie de Paris. Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi sont en piste. Le premier nommé cite Bertrand Delanoë qui soutient Macron : « C’est quelqu’un qui a marqué de son empreinte la mairie de Paris », une démarche inédite, n’est ce pas ? Qui sous-entend : « Moi aussi, je vais laisser mon empreinte ». Cédric Villani est à l’affût, plutôt discret comme un chat sauvage… trois candidats du même « parti » qui feront remarquer le côté démocratique de l’affaire. Ce n’est pas nouveau, l’argument est largement éculé et politiquement pur porc. Comme toujours, ils finiront par se ranger derrière le plus riche en suffrages.

Souvenez- vous de mes hiboux qui en ont vu d’autres : Mettre le pied en politique, c’est comme mettre le pied sur l’étron, un temps ça porte bonheur mais ça finit toujours par sentir mauvais.

Le risque est encore plus grand lorsqu’on représente un parti En Marche, des étrons, il y en a partout.

Bonimenteur, il croit ce qu’il dit, c’est un métier.
Le public écoute et entend : bon menteur ! Il vous vend des casseroles qui font la cuisine toutes seules…

Là, j’entendrai le clapotis de l’eau qui défile le temps lorsque d’autres entendront au sortir de l’isoloir : A voté !

Et puis après ?

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